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A Kiev, un hôpital pédiatrique et une maternité touchés à la suite de frappes russes : « les Russes ont fait exprès de tirer sur un hôpital pour enfants »

Kiev a subi lundi 8 juillet l’une des attaques aériennes les plus meurtrières depuis le début de l’invasion russe à grande échelle. La Russie a ciblé des infrastructures civiles alors que le premier ministre indien, Narendra Modi, rencontrait Vladimir Poutine à Moscou, et trois jours après le passage du premier ministre hongrois, Viktor Orban, au Kremlin pour proposer un « cessez-le-feu » en Ukraine.

Le plus grand hôpital pédiatrique du pays, OkhMatDit (mot-valise pour « protection de la mère et de l’enfant ») et une maternité privée de Kiev ont été frappés par des missiles, causant la mort de 27 personnes – dont plusieurs enfants – dans un bilan encore provisoire, car des corps peuvent encore se trouver sous les décombres.

Une heure après qu’un missile russe a détruit le bâtiment à deux étages abritant l’unité de soins intensifs et d’hémodialyse d’OkhMatDit, une dense foule de sauveteurs, de personnel hospitalier et de militaires venus en camion remplissent la cour de l’hôpital, où l’air chargé de poussière est difficilement respirable. Les uns s’affairent à dégager les victimes coincées sous les décombres, les autres à balayer les débris de verre et une quantité de mobilier détruit dans les hauts bâtiments entourant l’unité de soin intensif. De nombreux volontaires civils affluent toute la matinée, apportant de l’eau et des vivres aux familles et aux enfants malades. Un ballet d’ambulances constant évacue les blessés vers d’autres hôpitaux.

« C’était terrifiant »

Vers 13 heures locales, une seconde alerte aérienne interrompt le travail. Près de l’entrée principale de l’hôpital, des voix crient « un drone russe survole Kiev » et invitent tout le monde à se mettre aux abris. La peur d’une seconde frappe visant les sauveteurs, une tactique plusieurs fois utilisée par la Russie ces derniers mois, provoque une dispersion rapide dans le calme.

Au sous-sol du bâtiment des urgences pédiatriques, quelques dizaines de familles se sont réfugiées en attendant la fin de l’alerte. Veillant sur son fils Oreste, un nourrisson prématuré de 2 mois et demi, dormant dans une couveuse, Olga Melnyk, 34 ans, raconte qu’elle a vu une docteure blessée aux jambes par des éclats de verre, qui avait perdu beaucoup de sang. « C’était dans notre bâtiment, au 3étage. C’était affreux. Je ne comprends pas comment une chose pareille peut se produire. »

Elle se souvient que l’explosion est survenue une dizaine de minutes après que l’alerte a sonné dans l’hôpital. Comme les autres patients et le personnel, elle s’était alors réfugiée dans le couloir « J’ai d’abord entendu des explosions lointaines, puis celle qui a touché l’hôpital. C’était si puissant que les murs ont bougé et de la poussière est descendu du plafond. Il y avait de la fumée et une odeur bizarre, c’était terrifiant ! J’ai pleuré sans pouvoir me contrôler. »

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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