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« A Wall Street, le marché boursier est épouvantablement déséquilibré, tiré par les géants du S&P 500 »

Officiellement, tout va bien. Au premier semestre, Wall Street a affiché une santé resplendissante : le S&P 500, qui représente les grandes entreprises américaines, a progressé de 17 % depuis le début de l’année tandis que le Nasdaq, où sont cotées les entreprises de technologies, a bondi de plus de 21 %. Les perspectives de baisse des taux ont été repoussées en raison d’une inflation persistante, mais la ruée vers l’intelligence artificielle (IA) a dopé la Bourse.

En réalité, le marché est épouvantablement déséquilibré, tiré par les géants de la cote. Si l’on donnait à toutes les entreprises du S&P 500 le même poids, celui-ci aurait progressé de moins de 4 %. L’économie américaine est écrasée par des géants, les dix premières entreprises représentant 35 % de l’indice, tandis que l’immense majorité des entreprises stagne en Bourse.

La star de l’année est le fabricant de microprocesseurs Nvidia, devenu brièvement l’entreprise la plus chère du monde. Celle-ci a vu sa valeur multipliée par 2,5 depuis janvier et vaut désormais 3 160 milliards de dollars (2 915 milliards d’euros). Microsoft en vaut 3 420 (+ 24 %), Apple 3 400 (+ 17 %), Amazon 2 000 (+ 32 %), Alphabet 2 300 (+ 36 %) et Meta 1 300 (+ 52 %). Ces pionniers de l’IA sont valorisés à des prix mirobolants : 47 fois les bénéfices attendus pour Nvidia, selon les calculs du courtier Schwab, 43 pour Amazon, 40 pour Microsoft, 33 pour Apple, 25 pour Meta et Google.

Boursiers un peu perdus

Le reflux a déjà commencé dans les semi-conducteurs – même Nvidia a reculé de 10 % –, mais les prix restent incroyablement élevés. Deux analyses s’affrontent. La première consiste à penser qu’il flotte un air de bulle Internet des années 2000 : les promesses de l’IA sont immenses, mais le marché a poussé trop haut les valorisations, comme il l’a fait récemment sur les énergies renouvelables. La seconde, à voir une nouvelle ère du capitalisme, avec des compagnies gigantesques dignes des empires du XIXe siècle, Carnegie dans l’acier, Rockefeller dans le pétrole, Edison dans l’électricité et J.P. Morgan dans la banque.

Les capitaux exigés par l’IA sont tels que les géants semblent prendre la main, les start-up disruptives comme OpenAI ou Mistral AI étant contraintes de se placer immédiatement sous la coupe de Microsoft. Un début d’éclaircissement viendra dans la torpeur d’août, lorsque ces entreprises publieront leurs résultats semestriels.

En attendant, les boursiers sont un peu perdus. Où investir alors que l’économie et le consommateur donnent des signes de faiblesse ? « Les valeurs “refuges” sont-elles vraiment un refuge ? », s’interroge Lisa Shalett, stratégiste de Morgan Stanley, qui note que les actions sont valorisées vingt et une fois leurs bénéfices, contre seize habituellement. Traditionnellement, les biens de consommation résistent. Mais est-ce judicieux lorsque les consommateurs achètent du papier toilette moins cher en raison de fins de mois difficiles, ce qui va peser sur les marges ?

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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