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AC/DC électrise le stade de Wembley

Certaines paroles de chansons jugées un peu légères révèlent avec le temps un caractère émouvant. Il en va ainsi du morceau du groupe de hard-rock australien AC/DC, It’s a Long Way to the Top If You Wanna Rock ’n’ Roll (« Le chemin est long jusqu’au sommet si vous voulez faire du rock ’n’ roll »). Près de cinquante ans après avoir composé cette ode aux guitares électriques, la formation fondée par les frères Young est désormais arrivée au bout du chemin. Leur histoire a été marquée notamment par les décès du charismatique chanteur Bon Scott (1946-1980), puis du guitariste en chef Malcolm Young (1953-2017), et par les années de vaches maigres dans les années 1980, jusqu’au retour en grâce la décennie suivante. Aujourd’hui, les seniors du riff sont toujours là, plus populaires que jamais.

Cette extraordinaire popularité prend toute sa dimension dimanche 7 juillet à Londres, dans le stade plein à craquer de Wembley, où le quintet donne son second concert complet, après celui du 3 juillet. La tournée européenne a démarré le 17 mai en Allemagne, et passera par la France le 13 août, à Paris, à l’hippodrome de Longchamp.

Voilà huit ans qu’« Acca Dacca » ne s’était pas produit sur le Vieux Continent, et entre-temps de gros remaniements internes ont été opérés. Du groupe originel ne subsiste désormais que le guitariste et leader Angus Young. Le batteur Phil Rudd et le bassiste Cliff Williams ont été respectivement remplacés par Matt Laug et Chris Chaney, deux musiciens de l’ombre croisés notamment chez Slash et Alanis Morissette. A la seconde guitare, le neveu Stevie Young (67 ans), qui a repris le poste de Malcolm Young, fait un peu figure de caution familiale. Ces trois piliers très discrets n’en demeurent pas moins indispensables à la redoutable assise rythmique d’AC/DC.

Riffs à haute tension

Et puis, bien sûr, c’est le grand retour du chanteur Brian Johnson, écarté de la tournée de 2016 à cause de problèmes d’audition, et remplacé alors par Axl Rose de Guns N’ Roses avec un pied dans le plâtre. Dans l’arène londonienne, la voix éraillée de l’auteur de Back in Black est manifestement heureuse d’avoir retrouvé sa place et son public. Ses cordes vocales, déjà bien martyrisées au fil des années par son chant rocailleux, n’ont hélas plus la vigueur d’il y a trente ans. Dès le saignant If You Want Blood, qui inaugure en fanfare la soirée, le vétéran âgé de 76 ans grimace douloureusement pour atteindre les notes les plus hautes.

Qu’à cela ne tienne, le public est uniquement là pour la véritable vedette, Angus Young, et ses solos et riffs à haute tension. Affublé de son éternelle tenue d’écolier bleue et de sa chemise blanche, coiffé d’une casquette rouge laissant apparaître désormais ses cheveux blancs, le « guitar hero » de 69 ans ressemble un peu à ses dépens au Grand Schtroumpf. Mais le diablotin veille dans ce petit corps frêle transcendé par la puissance sonore que lui procure sa légendaire guitare Gibson SG. Le regarder arpenter d’un bout à l’autre la scène dans son costume d’enfant, en exécutant son fameux duckwalk (« marche du canard »), le pas certes ralenti, se révèle au fond assez touchant.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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