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Crise agricole: pas de détente en France, tous les regards se tournent vers Bruxelles

Les blocages d’agriculteurs s’amplifient ce mercredi 31 janvier en France malgré les promesses du gouvernement, dont les ministres se multiplient sur tous les médias, renvoyant la balle à Bruxelles. Un sommet européen est attendu demain jeudi et il sera largement consacré à ce dossier.

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Les agriculteurs bloquent avec leurs tracteurs plusieurs axes autoroutiers menant vers Paris. Mercredi au matin, ils continuaient aussi leur progression pour encercler Lyon (sud-est), la troisième ville de France. Plus au nord, un convoi d’agriculteurs partis du Sud-Ouest se dirige, lui, vers le marché de produits frais de Rungis, le plus grand au monde, qui alimente la région parisienne. Dix-huit personnes ont été interpellées pour « entrave à la circulation » ce mercredi matin près du marché de Rungis que les agriculteurs en colère, réunis en convoi, menacent d’investir, a-t-on appris de sources policières. Quinze sont en garde à vue.

France, le 30 janvier 2024, tracteurs bloquant l’autoroute à Longvilliers près de Paris. REUTERS – ABDUL SABOOR

Il y a en France mercredi « plus de 100 points de blocage » et 10.000 manifestants, a chiffré le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin tôt mercredi matin. Auditionné par la Commission des Affaires économiques, le président de la FNSEA, le principal syndicat d’agriculteurs, Arnaud Rousseau, a appelé au « calme et à la raison ». Beaucoup de « sujets européens » ne se « règlent pas en trois jours », a-t-il ajouté.

 

Le Premier ministre poursuit ses consultations. Gabriel Attal a reçu ce matin à Matignon les représentants de la Confédération paysanne, troisième syndicat agricole, et de la Coordination rurale, deuxième syndicat, après avoir échangé longuement avec le syndicat majoritaire FNSEA lundi soir et mardi soir.

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Malgré des mesures de soutien et les annonces des ministres qui se multiplient sur les radios et télévisions, le gouvernement n’a pour l’heure pas réussi à éteindre l’incendie et tente de se mobiliser également sur le front européen.

Bruxelles entre dans la danse

Les 27 s’activent pour proposer des aménagements de la politique agricole commune aux différents États européens car la grogne des agriculteurs et son effet boule de neige étaient déjà dans le viseur, rapporte notre correspondant à Bruxelles, Pierre Benazet. Les gouvernements ont multiplié les contacts, ça a élargi l’impact de leurs revendications, c’est par exemple le cas pour la France qui dépêche son ministre de l’Agriculture à Bruxelles ce mercredi.

Emmanuel Macron annonce un entretien ce jeudi avec Ursula von der Leyen pour parler agriculture en marge du sommet européen.

La Commission a pris les devants, elle a déjà annoncé des mesures, en particulier une nouvelle dérogation en 2024 sur les jachères. La décision doit encore être actée mais, a priori, les agriculteurs n’auront pas à maintenir cette année 4 % de leurs terres en jachère pour toucher les aides de la politique agricole commune.

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Le Mercosur, un casus belli

De la même manière, la Commission tente d’éteindre les craintes sur les importations de produits agricoles : elle annonce d’abord une pause des négociations avec le Mercosur pour un accord de libre-échange. Paris a décidé d’engager un « bras de fer » avec la Commission européenne pour s’opposer à l’accord commercial actuellement négocié avec les pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Uruguay, Paraguay), déclarait ce matin Marc Fesneau, le ministre de l’Agriculture. Ce traité de libre-échange avec d’importants pays agricoles « n’est pas bon pour nos éleveurs et peut pas, ne doit pas être signé en l’état », assurait de son côté le ministre de l’Economie français Bruno Le Maire sur la chaîne CNews. Paris avait déjà affiché haut et fort son opposition à la conclusion de cet accord commercial, provoquant des tensions avec la Commission européenne qui est en charge des négociations commerciales pour les Vingt-Sept.

Ensuite, la Commission vient d’annoncer une limitation des importations depuis l’Ukraine, des concessions qui sont aussi destinées à éviter que les sujets agricoles s’invitent à l’avant-scène lors du sommet européen de ce jeudi, qui s’annonce déjà suffisamment compliqué sur la question de l’aide à l’Ukraine.

Un mouvement qui fait tache d’huile dans toute l’Europe

Le mouvement de colère s’étend sur le continent: après des manifestations en Allemagne, en Pologne, en Roumanie, en Belgique et en Italie ces dernières semaines, les trois principaux syndicats agricoles espagnols ont annoncé des « mobilisations » dans l’ensemble du pays au cours des « prochaines semaines ».

Des manifestations improvisées se sont aussi déroulées ces dernières semaines en Italie, où des dizaines d’agriculteurs se disant « trahis par l’Europe » ont protesté mardi avec leurs tracteurs près de Milan (nord).

   Le gouvernement grec, également confronté à une contestation grandissante du monde agricole, a promis mardi d’accélérer le versement des aides financières aux agriculteurs victimes de graves inondations l’an dernier.

Source du contenu: www.rfi.fr

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