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Gabriel Attal déjà confronté à une première motion de censure à l’Assemblée nationale

Le texte, déposé par les oppositions de gauche, n’a quasiment aucune chance d’être adopté.

Lundi matin, Gabriel Attal sera de nouveau à la tribune de l’Assemblée nationale. Après sa déclaration de politique générale, mardi dernier, durant laquelle il a tenté de donner son cap pour les mois à venir, le premier ministre devra cette fois se livrer à un tout autre exercice en se défendant face à une motion de censure déposée par les oppositions de gauche. Un brin ressoudées après leurs vifs désaccords en fin d’année dernière, les troupes Insoumises, socialistes, écologistes et communistes sont – une fois n’est plus coutume – tombées d’accord pour tenter – comme souvent – de renverser d’entrée le nouveau gouvernement.

Une décision prise après le refus de Gabriel Attal de se soumettre à un vote de confiance des députés. Un scrutin dont il savait que l’issue aurait été défavorable puisqu’il ne possède pas de majorité absolue au Palais Bourbon. «Cette motion de censure permettra d’avoir, puisque nous n’avons pas de vote de confiance, un vote de défiance. Ceux qui ne la voteront pas seront de facto dans la majorité», a argumenté la présidente du groupe Insoumis, Mathilde Panot. «Sans objectif politique clair, sans portefeuilles ni périmètres ministériels définitivement actés, M. Gabriel Attal est, depuis trois semaines, le capitaine d’un bateau à la dérive», écrivent les 146 députés de l’ex-alliance de gauche Nupes dans ce texte, qui sera débattu à partir de 10 heures dans l’hémicycle.

Ressentiment vis-à-vis d’Emmanuel Macron

Une motion de censure qui ne devrait pas, sauf énorme surprise, inquiéter le premier ministre. Pour être adopté, le texte doit recueillir 289 voix, soit plus de la moitié des députés. Impossible pour la gauche d’y arriver seule, donc. Et pour l’heure, les autres oppositions ne semblent pas disposées à joindre leurs voix à celles des députés Nupes. Le Rassemblement national ne l’avait pas fait, lors de la première motion de censure visant Élisabeth Borne. Et si Marine Le Pen n’a pas encore pris de décision définitive, laissant encore planer un léger suspense, son bras droit au Palais Bourbon, le vice-président de l’Assemblée RN Sébastien Chenu, a déclaré la semaine dernière sur France Inter que les 88 élus de son groupe ne voteraient «probablement pas» cette motion.

«Franchement, ça ne servirait à rien. À quoi bon faire un vote symbolique? Tendons la main au gouvernement, s’il ne la saisit pas, il sera toujours temps de le renverser dans quelques semaines», plaide un autre député RN.

Car mathématiquement, même s’ils décidaient finalement de voter ce texte, cela ne suffirait pas pour faire tomber le gouvernement. Il faudrait également qu’une majorité des députés LR décident d’apporter leurs voix. Et même si ces derniers sont très remontés après la censure d’une grande partie de la loi immigration par le Conseil constitutionnel et le débauchage par Emmanuel Macron de Rachida Dati, ils préfèrent pour l’heure temporiser, envisageant de déposer leur propre motion un peu plus tard.

Nous ne voterons pas la motion de censure de la Nupes, mais la question d’en déposer une nous-mêmes se pose

Un cadre LR à l’Assemblée

«Nous ne voterons pas la motion de censure de la Nupes, mais la question d’en déposer une nous-mêmes se pose», indique un cadre LR à l’Assemblée. En réunion de groupe, mardi dernier, nombre des élus LR de la Chambre basse ont fait savoir leur ressentiment vis-à-vis d’Emmanuel Macron. Cette «mauvaise humeur» de la droite, dixit un ministre, n’inquiète pas outre mesure le gouvernement. «Ils considèrent qu’ils ne peuvent plus nous faire confiance. Mais ils se rendront vite compte qu’ils ne pourront pas déposer de motion sans l’aide des députés du groupe Liot, qui n’en auront eux peut-être pas envie», s’amuse ce même membre de l’exécutif.

En attendant, cette première motion de censure de l’ère Attal ne devrait donc pas inquiéter le gouvernement. Elle devrait toutefois être scrutée de près. Les macronistes comme les oppositions le savent, les examens de ces textes constituent des moments très politiques à l’Assemblée. En fin d’année dernière, leur enchaînement – faisant suite aux 49.3 budgétaires – avait fini par essorer complètement Élisabeth Borne. Et par accélérer sa chute.

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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