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JO 2024: avec plus de 12500 personnes expulsées, des associations dénoncent un «nettoyage social»

Après un an d’observation, 102 associations réunies au sein du collectif « Le revers de la médaille » font état dans un rapport d’un « nettoyage social » dans les villes françaises qui accueilleront les épreuves olympiques. Plus de 12 500 personnes en situation de précarité ont été expulsées des campements de rue, squats ou bidonville, sans solution d’hébergement pérenne, et un quart ont été envoyés à l’extérieur de la région parisienne.

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Cet éloignement géographique concerne également les travailleurs du sexe ou les usagers de drogue. Et le rapport publié ce lundi 3 juin est accablant : 40% d’expulsions en plus, 3 000 places d’hébergement supprimées en Île-de-France, une pression policière accrue, et tout ça depuis 2023.

C’est cette accélération de l’éloignement des publics précaires qui inquiète les associations du collectif « Le revers de la médaille ». Paul Rey-Fauvinet, bénévole pour l’association Aides qui intervient auprès des consommateurs de crack à Paris, le constate : « Nous, acteurs de terrain, ça fait des dizaines d’années qu’on est auprès de ces publics et on a jamais vu une telle répression, donc nous, on en est sûr, c’est l’impact des Jeux olympiques ».

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L’association Aides constate une augmentation très forte de la présence policière sur les lieux de vies et de consommation des usagers de crack. Des arrêtés sont pris contre le crack depuis 2023 et concernent des zones de plus en plus larges.

« Par exemple, la RATP dans certaines stations de métro a supprimé des sièges sur lesquels ces personnes pouvaient s’asseoir, explique Paul Rey-Fauvinet. Nous, on voit arriver des gens qui sont à la rue et qui sont tout le temps en position debout, en train d’errer. C’est ça aussi la répression : c’est chasser, déplacer, dans des lieux plus reculés, moins à la portée des acteurs de prévention et les mettant plus en danger vis-à-vis des agressions, des bagarres etc. »

Nettoyer le bois de Vincennes et expulser les habitants des bidonvilles

Aurélia Huot, avocate du barreau de Paris solidarité intervient auprès des travailleuses du sexe au bois de Vincennes, là où la connexion entre les Jeux olympiques et le nettoyage social est encore plus assumée : « Quand les policiers contrôlaient les filles, on leur a demandé pourquoi il y avait eu un changement de pratique et les maraudes de policiers nous ont répondu “on vous le dit, mais on ne nous l’écrira pas, mais c’est clairement dans le cadre de l’organisation des JO, il faut nettoyer le bois de Vincennes”. »

Les maraudes de policiers sont maintenant accompagnées d’agents de la préfecture qui procèdent à des contrôles administratifs qui se font parfois de manière très violente.

Aurélia Huot, avocate du barreau de Paris Solidarité

Lila Cherief du Secours catholique s’est penché sur la situation des expulsions, qui n’ont pas toutes lieu à proximité immédiate d’un site olympique. Pourtant, certaines municipalités profitent de l’opportunité Paris 2024 : « Ça a été le cas notamment à Noisy-le-Sec ou on a eu un arrêté municipal qui lie la présence de la voie ferrée à proximité d’un bidonville pour expulser, car il y aurait des risques que les trains ne soient plus à l’heure pendant les Jeux olympiques. Donc, on voit que c’est un prétexte pour pouvoir expulser. »

Le rapport du collectif de soixante-dix pages a été envoyé ce lundi aux Nations unies pour tenter de faire bouger les lignes.  

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Source du contenu: www.rfi.fr

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