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«Trop facile d’épouser la colère pour défendre sa boutique» : aux Sables-d’Olonne et face au malaise des pêcheurs, Bellamy cible Bardella

La tête de liste LR aux européennes est allé à la rencontre d’une filière mise à mal par la décision du Conseil d’État d’interdire la pêche dans le golfe de Gascogne, pendant un mois.

Il s’en souvient encore. «C’était le 23 décembre, à 17h38», souffle José Jouneau, président du comité régional des pêches des Pays de la Loire (Corepem). Ce jour-là, il apprend que la décision du Conseil d’État d’interdire la pêche dans le golfe de Gascognependant un mois, après un recours déposé par des organisations environnementales alertant sur la protection des cétacés. «On nous annonce qu’on va être payés pour rester à quai», poursuit Jouneau. «Et Joyeux Noël !», entend-on dans la salle où François-Xavier Bellamy écoute avec attention une vingtaine d’acteurs du monde de la pêche de la région. Un deuxième déplacement de campagne, après sa virée dans l’Oise auprès d’agriculteurs, depuis qu’il a été désigné tête de liste LR aux élections européennes.

Ce lundi matin aux Sables-d’Olonne (Vendée), l’aube est grise et la morosité du ciel a gagné les visages. «On a pris un mois ferme», se désole Éric Taraud, marin-pêcheur depuis 35 ans. «Tout le monde s’est équipé de caméras et de sondes pour protéger les dauphins, renchérit Jouneau. Et on n’a pas le droit de faire notre travail. Tout ça pour un délire environnemental.» Les aides annoncées par le gouvernement pour compenser un mois sans pêche n’y changeront rien. «Ce n’est pas l’argent qui va calmer tout le monde.” Normes imposées par Bruxelles, domination d’ONG environnementales… Si les pêcheurs ne vont “pas barrer les ronds points», poursuit Jouneau, le président du Corepem déplore une «filière en souffrance». Et, évoquant la récente crise agricole, il fait part de ce combat commun que partagent «les producteurs de la terre» et les «producteurs de la mer». Celui, en somme, de «ceux qui travaillent» et qu’une «Europe toute-puissante prend pour des bandits». Le genre de face-à-face, celui des «petits» contre les «grands», que les candidats aux européennes tentent, chacun à leur manière, d’investir à quelques mois d’un scrutin décisif.

«Trop facile d’épouser les colères pour défendre sa petite boutique»

«Ce qui tue la pêche et l’agriculture, c’est de rendre impossible la vie de gens qui produisent, comme si la production était un gros mot», lance Bellamy, membre depuis 2019 de la commission pêche du parlement européen. Tout en déplorant la décision du Conseil d’État : «Le dauphin n’est pas une espèce en danger. Pourquoi on n’obtient pas d’autopsie des cétacés ? Comment sait-on qu’ils sont morts dans vos filets et pas avant ?» Bruno Retailleau, qui l’accompagne, renchérit : «Ça fait 30 ans que j’assiste à l’euthanasie de la pêche en Vendée ! Ce ne sont pas les dauphins qui disparaissent mais les pêcheurs !». Avant de céder la parole à l’eurodéputé : «Une juridiction ne doit plus pouvoir se permettre de mettre en danger une filière aussi stratégique que celle de la pêche. Il faut donc qu’elle soit reconnue dans la loi comme telle.»

À cinq mois des européennes, Bellamy fait le pari d’une campagne sérieuse. Fastidieuse entreprise quand, en face, ses adversaires Renaissance et Rassemblement national se maintiennent en tête des enquêtes d’opinion et que LR stagne autour de 8%. «Ce n’est pas en se promenant dans un port qu’on change les choses», défend Bellamy, en référence au dernier déplacement de Jordan Bardella, à Lorient. «Qu’a-t-il fait ? Quel est son bilan ? Il est trop facile d’épouser les colères pour défendre sa petite boutique.» Quant aux «élus macronistes», «ils disent défendre votre métier à Paris mais font le contraire à Bruxelles !». Le maire des Sables-d’Olonne, Yannick Moreau, croit bon d’insister : la prochaine échéance électorale approche et si «chacun fera ce qu’il voudra en conscience», «il y a des députés qui font du bruit et de la mousse et ceux qui, dans l’ingratitude et l’anonymat des couloirs de Bruxelles, travaillent. Aux députés slogans, je préfère les députés méritants.»

Fastidieuse entreprise, donc, mise à mal sans le vouloir par l’un des interlocuteurs ce lundi matin : «Malgré toutes les bonnes volontés françaises, dont la vôtre, on arrive à un constat d’échec aujourd’hui.» Au fond, la question est : maintenant que la méfiance envers Bruxelles est installée dans le paysage, qu’en faire politiquement ? «L’Europe est là», tranche Bellamy. «Il faut se battre au sein des institutions, il n’y a pas de fatalité. Le RN s’est félicité du Brexit, ce même Brexit qui a fait tant de mal à la pêche !» Jordan Bardella, Marion Maréchal et bientôt l’idée du candidat Renaissance… Voilà les adversaires de Bellamy. De simples adversaires. L’ennemi, le vrai, est ailleurs. Il est le fatalisme de ceux qui, ne croyant plus en l’UE, sont tentés par le vote du RN. Il est le fatalisme de ceux qui, ne croyant plus en LR, sont tentés par Reconquête!.

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