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Au château d’Angers, fin d’un «chantier exceptionnel» sur le front nord des remparts

Dans le cadre du plan de relance à la suite du Covid, le château des ducs d’Anjou, classé au centre des monuments nationaux a bénéficié d’une enveloppe de sept millions d’euros pour la rénovation des remparts et des tours du front nord.

Mais où est passée la couleur noire et blanche des remparts du château d’Angers? Le front nord a troqué ses anciennes couleurs, si caractéristiques de la ville, pour des nuances de «jaune sable de Loire». Surplombant la rivière de la Maine et le vieil Angers, la muraille ponctuée de 17 tours et cachant l’ancienne résidence des ducs d’Anjou constitue l’identité du monument. Depuis quatre ans, une partie de l’édifice était au cœur d’un projet de rénovation, rendu possible grâce à une dotation de sept millions d’euros issue du plan de relance après la crise sanitaire.

Gardien de la tenture de l’Apocalypse, la plus grande tapisserie médiévale du monde, le château d’Angers est avant tout une forteresse qui se visite par l’extérieur. Depuis le 8 juin, les visiteurs peuvent à nouveau circuler d’un bout à l’autre du chemin de ronde, offrant un panorama splendide sur la rivière et les toits en ardoise de la ville. L’une des premières découvertes du public est la nouvelle couleur du front nord. Les bandes noires et blanches, couleurs emblématiques de l’équipe de football de la ville, ont désormais disparu.

Les lignes noires et blanches des remparts (à gauche) ne sont plus visibles sur le front nord (à droite), en raison de la rénovation des joints.
SP – Le Figaro / Château d’Angers

«La nouvelle teinte ne passe pas inaperçue mais elle va s’atténuer assez vite», rassure Christophe Batard, l’architecte du projet. Ce dernier a dû faire face aux inquiétudes de la ville. «Lorsqu’on rénove, il ne faut pas nécessairement que ce soit “beau”, il faut que ça respecte une réalité historique et archéologique», souligne-t-il. «La couleur noire était le résultat d’un très mauvais état de la façade, causé par une mauvaise évacuation de l’eau. L’étanchéité du rempart a donc été totalement rénovée. Nous avons changé des pierres et refait les joints, ça n’a pas été une mince affaire», explique l’architecte.

Au milieu de cette muraille qui paraît neuve, se trouve le pont-levis, l’unique entrée du château. Une fois passée le grand porche d’entrée, il suffit de monter quelques marches, au pied de la tour du moulin, pour se retrouver perché au-dessus de la ville. L’extérieur du rempart fait face à l’ancienne cité canoniale. Seule la cathédrale Notre-Dame le regarde de haut.

L’intérieur de la muraille offre une vue sur la rivière de la Maine qui scinde la ville en deux.
Simon Pierre – Le Figaro

À l’intérieur du front nord, le chemin de ronde se transforme en balade champêtre au milieu des jardins suspendus, rappelant l’identité végétale du lieu. René d’Anjou, résident des lieux au XVe siècle, était un amateur de botanique. Du rosier au lys, le fils de Yolande d’Aragon acclimate de nombreuses plantes. Le jardin est aujourd’hui fortement garni. Certaines variétés sont arrivées récemment, comme les centaines de pieds d’hortensias. L’occasion de se féliciter du patrimoine végétal des Pays de la Loire. Ces jardins suspendus n’ont pu être réalisés qu’après le XVIe siècle, lorsque le front nord fut réaménagé.

Le jardin d’acclimatation donne vue sur le châtelet situé en contrebas.
Simon Pierre – Le Figaro

Après la mort de René d’Anjou en 1480, sans héritier, le château revient aux mains du roi Louis XI. Il y installe une garnison. La forteresse ne joue plus qu’un rôle militaire. Au XVIe siècle, les techniques de guerre évoluent et le château doit être adapté. Des terrasses d’artilleries sont alors établies au sud, côté cour, et derrière le rempart nord, entre la porte et le logis du gouverneur. «Nous avions très peu d’information sur ce qu’il y avait avant la construction de ces terrasses, entre le XIIIe et le XVIe siècle», explique Caroline Chauveau, médiéviste à l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap).

Le travail archéologique mené tout au long des travaux de rénovation, par l’Inrap a permis de découvrir que des édifices médiévaux avaient été engloutis dans la maçonnerie lors du réaménagement des remparts. «Nous savons aujourd’hui que le château d’Angers conserve une partie des élévations du XIIIe siècle», explique-t-elle. Une fois détruits, pour ne pas gêner le champ de tire, ses matériaux ont pu être réutilisés pour la construction des terrasses d’artillerie. «Nous avons encore deux ans pour analyser les données. Nous avons pour le moment une lecture de deux états du rempart qui se superpose», ajoute l’archéologue.

Les fouilles archéologiques préventives ont également permis de découvrir un passage secret. Un escalier taillé à même le schiste devait permettre à l’époque une descente discrète depuis l’intérieure de la forteresse, probablement à des fins défensives, au cas où les envahisseurs seraient descendus dans les douves sèches. Ce passage caché et étroit, «n’a pas vocation à être ouvert au public mais nous savons qu’il existe», précise Emma Fonteneau. La tour du moulin sera l’une des nouveautés. Actuellement en chantier pendant une durée de trois à quatre mois, elle va être réaménagée afin de pouvoir de nouveau y faire accéder du public. «Elle est située à quinze mètres de hauteur au-dessus des remparts», explique Christophe Batard. Elle offrira donc une vue unique depuis le monument.

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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