AccueilÉconomieAu Portugal, opération séduction réussie pour la semaine de quatre jours

Au Portugal, opération séduction réussie pour la semaine de quatre jours

Les résultats d’un essai pilote indiquent que la plupart des entreprises participantes ont augmenté leurs bénéfices en 2023 par rapport à l’année précédente. 93% des travailleurs souhaitent poursuivre l’expérience.

Après l’Islande, l’Espagne, le Royaume-Uni, la Belgique ou encore l’Allemagne, au tour du Portugal d’expérimenter la semaine de travail de quatre jours. Soutenu par le gouvernement portugais et coordonné par les chercheurs Pedro Gominez et Rita Fontinha, avec l’association 4 Day Week Global, ce test mis en œuvre dans le cadre d’un grand projet pilote de six mois avait pour but d’impulser un débat au sein de la société portugaise sur la réduction et la réorganisation du temps de travail. Et ce, alors que le mal-être en entreprise est un fléau très onéreux dans le pays : selon l’Ordre des psychologues, le stress et l’épuisement professionnel ont coûté 5,3 milliards d’euros aux entreprises portugaises en 2022, jusqu’à 1,4% de chiffre d’affaires, pour certaines.

L’essai a concerné 41 entreprises avec moins de 20 employés, principalement situées à Lisbonne et à Porto, couvrant divers secteurs tels que l’éducation, la santé, l’industrie et le conseil. Au total, plus de 1000 travailleurs ont été impliqués. Toutes ont réduit leur semaine de travail de 40 heures à 36, 34 ou 32 heures sans aucune baisse de salaire. Certaines ont adopté un modèle uniforme avec des vendredis libres, tandis que d’autres ont utilisé des jours de congé rotatifs ou des équipes en miroir, laissant par exemple des membres libres le lundi et d’autres le vendredi. Les grandes entreprises ont utilisé plusieurs solutions pour différentes fonctions ou départements.

La santé au travail améliorée

Et les résultats sont très positifs. Sur les 41 firmes, seules quatre n’ont pas souhaité pérenniser le dispositif. L’évaluation s’est faite à deux niveaux : entreprises et travailleurs. Les premières ont été évaluées en termes de productivité, coûts et profits, tandis que les secondes ont été évaluées en termes de bien-être, qualité de vie et santé physique et mentale.

S’agissant des travailleurs, tous les indicateurs évalués au niveau de la santé au travail ont été améliorés de façon notable, 93% évaluant positivement l’essai. Pendant le test, 47% des salariés se disaient fatigués à la fin de la journée, contre 71% avant. 24% ont fait état d’un épuisement au travail pendant le projet pilote, contre 39% avant. 80% ont déclaré avoir de l’énergie pour leur famille et leurs amis pendant la semaine de quatre jours contre 61% avant. De même, 42% des travailleurs ressentaient de l’anxiété avant, contre 27% après et le temps de sommeil moyen a augmenté de onze minutes. Le nombre de personnes décrivant leur santé mentale comme bonne ou excellente a doublé après la mise en place de la semaine de quatre jours.

Réorganisation collective

Concernant les entreprises, bien que les données financières directes n’aient pas été collectées, «la plupart des dirigeants d’entreprise ont signalé une augmentation des revenus et des bénéfices en 2023 par rapport à l’année précédente», note l’étude. Cela suggère «que la semaine de quatre jours n’est pas associée à une performance financière négative.» Pour obtenir les résultats les plus optimaux, prodiguent les auteurs, il convient de repenser, au cas par cas, les pratiques organisationnelles au sein de chaque entreprise. «Il ne s’agit pas de travail à temps partiel ou de concentration des heures, mais d’une réorganisation collective au sein de l’entreprise pour garantir que la réduction du temps de travail n’affecte pas négativement sa compétitivité ni les salaires des travailleurs», appuie le rapport.

«75 % des entreprises ont mis en œuvre au moins un changement organisationnel, le plus courant étant la réduction de la durée des réunions. D’autres changements incluaient l’adoption de logiciels de gestion, l’automatisation des processus et l’amélioration de la communication.» En d’autres termes, il ne s’agit pas simplement de travailler moins mais de « changer les processus », insiste le chercheur Pedro Gominez.

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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