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Aujourd’hui l’économie – Économie circulaire [1/4]: le recyclage des métaux, une alternative moins polluante à l’extraction minière

L’économie circulaire vise à réduire les déchets et la consommation d’énergie en réutilisant les matières premières autant que possible et en recyclant. Objectif : éviter l’épuisement des ressources. Le premier épisode de cette série nous emmène dans le nord-ouest de la France, en Normandie, dans une usine de recyclage de métaux.

L’usine de Weeecycling, de grands hangars gris au milieu des champs et de pâturages normands, vient de recevoir une cargaison de chargeurs. Des ouvriers en gilets jaunes les déballent un à un sous les yeux de Serge Kimbel, fondateur et PDG de la société. Les appareils sont tout neufs, « mis au recyclage alors qu’ils ont encore toutes leurs fonctionnalités. Ce sont des vieux stocks qui n’ont jamais été vendus », explique-t-il.

Des objets neufs, défectueux ou (le plus souvent) des appareils en fin de vie, l’usine en reçoit 15 000 tonnes par an. Dans le hangar s’accumulent des piles gigantesques de vieilles imprimantes ou encore de circuits électroniques. « Ici, on va retrouver beaucoup d’équipements informatiques et télécoms, tout ce qui fait les calculs de l’appareil. Les cartes mères contiennent 90 à 95% des métaux critiques d’un appareil », souligne Serge Kimbel. Les métaux critiques correspondent à des minerais pour lesquels l’Union européenne (UE) estime qu’il peut y avoir des difficultés d’approvisionnement. Il s’agit notamment de métaux nécessaires à la transition énergétique. Ces métaux, « c’est ce qui a de la valeur pour notre entreprise et c’est qu’on sait transformer ici. Nous sommes très peu dans le monde et les seuls en France à pouvoir extraire les métaux critiques des cartes électroniques. »

Jusqu’à 99% d’émissions de CO2 en moins

Les déchets à recycler arrivent principalement d’Europe, mais aussi d’Afrique ou même d’Amérique latine. Ils sont désossés, puis les parties qui contiennent des métaux sont broyées. Ensuite, elles passent dans un four pour fondre l’argent, l’or, le cuivre ou encore les platinoïdes (utilisés dans les pots catalytiques de voitures par exemple), qui sont ensuite séparés par des procédés chimiques et enfin purifiés pour être revendus à l’industrie.

Chaque kilo de métal recyclé émet ainsi beaucoup moins de gaz à effet de serre que des métaux neufs. « D’un métal à un autre, les résultats sont assez différents : pour l’argent et les platinoïdes, c’est flagrant : 99,9% de réduction », assure Serge Kimbel. Presque mille fois moins de CO2 émis pour 1kg d’argent recyclés par rapport à du métal neuf. Et quatre fois moins de CO2 pour le cuivre, d’après les calculs de l’entreprise. Les économies d’énergie et la différence d’émissions de gaz à effets de serre sont d’autant moins négligeables que l’industrie minière est l’une des plus polluantes.

Hausse du recyclage de cuivre

Weeecycling, emploie près de 140 personnes. La société, qui a obtenu le soutien de l’État français pour développer son usine, prévoit de multiplier sa production par quatre d’ici à 2030, en particulier celle de cuivre. Il y a des débouchés suffisants, estime l’entreprise. En revanche, il faut améliorer la collecte des métaux, explique Serge Kimbel : « Nous avons suffisamment de références et de retours positifs de la part de nos clients pour prouver que notre métal a un impact carbone très faible, donc il se vend très facilement. Par contre, la complexité réside dans le fait de récupérer les gisements de déchets face à une concurrence internationale parfois importante. C’est l’un des défis les plus importants pour notre activité. » Aujourd’hui, faute de capacités de recyclage suffisantes, la France est l’un des principaux exportateurs européens de métaux usagés.

Source du contenu: www.rfi.fr

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