AccueilCultureAvec Yardland, le rap fait son festival à l’Hippodrome de Vincennes

Avec Yardland, le rap fait son festival à l’Hippodrome de Vincennes

Les artistes programmés à la première édition du Yardland, les 6 et 7 juillet, n’ont pas eu besoin de faire de longs discours sur la situation exceptionnelle du week-end électoral. Juste de célébrer leur culture, le rap et ses différentes musiques associées, dancehall, afrobeats ou r & b. La société d’évènements hip-hop, Yard, organisait pour la première fois son festival à l’Hippodrome de Vincennes (Val-de-Marne). Sur scène, la rappeuse Shay, qui a créé pour l’occasion un show inédit, le rappelle aux 18 000 personnes venues assister à la première journée samedi : « C’est un festival 100 % rap, on s’est battus longtemps pour l’avoir, alors on kiffe à fond. Faites du bruit pour vous, on est ensemble.  »

Le 1er juillet 2023, le festival avait, en effet, été annulé par décision préfectorale suite aux émeutes provoquées par la mort de Nahel, tué par un policier à Nanterre. Yardland devait, alors, se tenir au Parc des sports et de loisirs à Choisy, et le préfet du Val-de-Marne avait préféré l’annuler pour des raisons de sécurité publique. Les organisateurs ont, depuis, changé de site, et affiné leur concept. Les têtes d’affiche francophones (Shay, Kaaris, Kalash, Gradur, Naza) doivent proposer un spectacle inédit pour le festival.

Ambiance bon enfant

En entrant sur le site, la sécurité semble déjà être la préoccupation principale. Des affiches préviennent en écriture inclusive : « Plus de danseurs-ses, moins de Frotteurs-ses, dansons libres » ou proposent de télécharger Safer, une application d’alerte contre le harcèlement sexiste et les violences sexuelles : « Tu te sens gêné.e, harcelé.e ou en danger ou témoin d’une situation ? Signale-le sur l’application ou si tu n’as pas de batterie va dans l’un des bars et demande Angéla. » Sur les pelouses intérieures de l’Hippodrome, l’ambiance est surtout très bon enfant.

Dans les allées, les festivaliers rappent par cœur les textes des rappeurs sur scène comme le Balayer de 13 block, ou ceux joués par les DJs, comme le 10 12 14 Bureau de Kalash Criminel. Le rappeur Naza propose un espace de jeux, avec voitures autotamponneuses, les spectateurs font la queue patiemment devant les stands de burgers, de « bokit », sandwich guadeloupéen, de poulet braisé… Les jeunes femmes sont lookées au possible, « poom poom short » comme le chantait en 2000 l’artiste reggae, Daddy Nuttea, et haut de maillots de bain ; les jeunes hommes ont sorti, eux, leur plus belle tenue streetwear.

Entourée d’une dizaine de paparazzi

Rapper pour « les jolies garces et les mecs solides », c’est ce que propose d’ailleurs, Shay, petite-fille du chanteur de rumba, Tabuley Rochereau. Pour le Yardland elle propose son « Jolie Garce TV show », avec ses publicités projetées sur l’écran pour un parfum, Eau de garce, ou une boisson énergisante, et présente la Jolie Garce TV Meteo, forcément caniculaire. Habillée tout de blanc, coupe à la Nikita (l’héroïne de Luc Besson) comme elle le chante dans le morceau Partie hier, extrait de son dernier album, Pourvu qu’il pleuve, elle arrive sur scène entourée d’une dizaine de paparazzi qui ondulent en même temps qu’elle. Le show est moins huilé et sophistiqué que lors de son remarquable premier concert à l’Olympia de Paris, le 29 mars dernier, où elle avait transformé la salle en véritable strip club, mais il fait son effet. En fin de concert, la Belge rappellera à ses fans : « N’oubliez pas d’aller voter demain ».

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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