AccueilÉconomieCe que contient, en détail, le programme économique du Nouveau Front populaire

Ce que contient, en détail, le programme économique du Nouveau Front populaire

La majorité relative obtenue par le Nouveau front populaire lors des élections législatives leur entrouvre la porte d’un gouvernement. Le Figaro fait le point sur les principales mesures économiques qui pourraient être mises en place par l’union des gauches.

«Le Nouveau Front populaire appliquera son programme. Rien que son programme, mais tout son programme». Devant les militants Insoumis en liesse, Jean-Luc Mélenchon l’a répété à l’envi ce dimanche 7 juillet : après le score surprise de l’union des gauches, la nouvelle force majoritaire de l’Assemblée nationale compte bien mettre en place ses mesures, notamment économiques. Le Figaro fait le point sur le programme du NFP.

Si elle accède à Matignon, la nouvelle force de gauche promet du mouvement pendant les «15 premiers jours» avec :

Le blocage des prix «des biens de première nécessité»

Pour protéger le pouvoir d’achat des ménages, les candidats du Nouveau Front populaire proposent de bloquer les prix «par décrets». Un moyen de limiter l’inflation, argumente-t-on. Ce blocage concernera aussi bien l’alimentaire que l’énergie ou encore les carburants. En outre, le l’union de la gauche souhaite «renforcer le bouclier qualité-prix pour les outre-mer».

L’abrogation immédiate des décrets d’application de la réforme retraite

Le NFP en a fait son cheval de bataille : le retour de la retraite à 60 ans. L’union des gauches compte bien faire marche arrière sur la réforme menée par le gouvernement d’Emmanuel Macron, dès son arrivée dans un possible gouvernement. Elle assure également abroger les décrets sur la réforme de l’assurance-chômage.

L’augmentation du SMIC à hauteur de 1600€ nets

Le NFP veut y arriver notamment par la hausse de 10% du point d’indice des fonctionnaires qu’il souhaite «intégralement compenser pour les collectivités territoriales». La nouvelle force majoritaire de l’Assemblée nationale promet aussi d’augmenter les indemnités des stagiaires (dont le minimum est de 4,35 euros de l’heure à partir de deux mois de stage), tout comme le salaire des apprentis et des alternants.

Engager les négociations commerciales en garantissant un prix plancher et rémunérateur aux agriculteurs

La coalition des gauches entend répondre à la crise agricole en mettant en place un prix plancher pour les agriculteurs. Pour ce faire, elle pourrait s’appuyer sur la proposition de loi écologiste, adoptée en première lecture à l’Assemblée nationale en avril dernier, et qui garantit un prix plancher devant être révisés au moins tous les quatre mois prenant en compte un niveau de rémunération des agriculteurs équivalent à 2 Smic ou encore la taille de l’exploitation. Le texte doit encore être examiné par le Sénat. Dans son programme, le NFP souhaite également taxer «les superprofits des agro-industriels et de la grande distribution».

Revaloriser les APL de 10 %

Dès le début de son premier quinquennat, Emmanuel Macron avait réduit les Aides personnalisées au logement (APL) de 5 euros par mois. La mesure avait fait bondir bon nombre d’associations. Le NFP promet lui de les revaloriser de 10% dans les 15 premiers jours après l’installation d’un gouvernement de gauche.

Passé cette période de 15 jours, le Nouveau front populaire promet «d’amorcer de grandes bifurcations» à la rentrée 2024, après la fin des Jeux paralympiques de Paris 2024. L’union des gauches souhaite alors :

Faire «une grande loi pour le pouvoir d’achat»

Selon le programme soutenu par la gauche, ce projet de loi comprendra l’«organisation d’une grande conférence sociale sur les salaires, l’emploi et la qualification», mais aussi l’indexation des salaires sur l’inflation et la revalorisation de l’Allocation aux adultes handicapés (AAH) au niveau du SMIC. Cette loi abolira également la taxe Macron de 10% sur les factures d’énergie et annulera les réformes Macron sur le revenu de solidarité active (RSA), tout comme la hausse programmée du prix du gaz au 1er juillet.

Mettre en place 14 tranches d’impôt sur le revenu et rétablir l’ISF

Abolir «les privilèges des milliardaires». C’est un thème qui revient régulièrement dans la bouche des leaders de la gauche. Et pour cause, la stabilité financière du NFP s’appuie en partie sur l’augmentation de la taxation des plus riches. Le groupe veut notamment adopter un projet de loi de finances rectificative le 4 août prochain, «pour se doter d’une politique fiscale juste». Un gouvernement de gauche pourrait alors augmenter le nombre de tranches de l’impôt sur le revenu en le portant à 14, et rétablir un impôt de solidarité sur la fortune (ISF).

Réformer l’impôt sur l’héritage et supprimer les niches fiscales

Le NFP souhaite également «supprimer les niches fiscales inefficaces, injustes et polluantes». L’union des gauches veut aussi réformer l’impôt sur l’héritage pour le rendre plus progressif et instaurer un héritage maximum. Elle promet également de «débloquer les moyens humains et financiers nécessaires» pour lutter contre la fraude fiscale.

Au-delà de cette période de 100 jours, le Nouveau front populaire prône des «transformations» de l’économie française et propose de :

Faire «bifurquer l’économie et réindustrialiser la France»

Le NFP promet d’engager un plan de reconstruction industrielle pour mettre fin à la dépendance de la France et de l’Europe dans les domaines stratégiques comme les semi-conducteurs, les médicaments, les technologies de pointe ou encore les voitures électriques. Le groupe propose également de mettre en place plusieurs dispositifs à destination des TPE-PME comme des avances à 0% pour les entreprises en difficulté ou des «crédits bonifiés» pour celle qui investiraient dans des œuvres sociales ou environnementales.

Intégrer l’écologie à l’économie

Marine Tondelier l’a répété sur plusieurs plateaux, «l’écologie n’est pas qu’une couleur de veste». Le programme du Nouveau front populaire insiste sur la nécessité de prendre en compte la transition écologique dans l’économie réelle. Par exemple en réalisant «un diagnostic préalable des ressources naturelles avant implantation industrielle» ou conditionnant les aides aux entreprises au respect de critères environnementaux. Du côté des banques, le NFP défend l’arrêt du financement des banques pour les énergies fossiles ainsi que la création d’un pôle public bancaire s’appuyant sur la caisse des dépôts et des consignations et la banque publique d’investissement qui devra flécher la collecte de l’épargne réglementée vers les besoins sociaux et écologiques.

Rétablir la durée effective hebdomadaire du
travail à 35 heures

Nommée dans un gouvernement, la force de gauches propose plusieurs mesures pour «défendre le droit des travailleurs». Le NFP souhaite notamment organiser une conférence nationale sur le travail et la pénibilité avec pour objectif de rétablir la durée effective hebdomadaire du travail à 35 heures, «au passage aux 32 heures dans les métiers pénibles ou de nuit immédiatement.» Le groupe souhaite également adopter un plan d’action intitulé «zéro mort au travail».

Défendre «une agriculture écologique et paysanne»

Dans son programme, le Nouveau front populaire souhaite notamment «annuler l’accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne (CETA)» mise en place depuis septembre 2017. Le groupe promet également d’«interdire l’importation de toute production agricole ne respectant pas nos normes sociales et environnementales» et de «lutter contre l’accaparement des terres et permettre à chaque agriculteur qui souhaite s’installer d’accéder à une exploitation pour préserver le modèle agricole familial. »

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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