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C’est dans ta nature – Les plantes carnivores n’ont pas de dents

Que mangent les plantes carnivores ? Comment font-elles pour attirer leurs proies ? Et pourquoi sont-elles devenues carnivores ? Plongée au cœur de plantes captivantes. (Rediffusion du 5 février 2023)

Elles fascinent, elles intriguent, et parfois les plantes carnivores font même peur. « Les gens ont le réflexe de vouloir mettre quelque chose dans le piège pour déclencher le mécanisme, raconte Sébastien qui nous reçoit dans sa boutique parisienne, Taka, spécialisée dans les plantes atypiques. Mais quand on leur tend la plante, en leur disant de mettre le doigt, et pas un crayon par exemple, à ce moment-là, les gens reculent » Et pourtant, les plantes carnivores ne mordent pas et n’ont pas de dents qui leur permettraient de croquer dans un steak !

Les plantes carnivores se contentent généralement d’insectes attirés dans leur piège. Prenez les dionées, munies de pièges qui se referment comme des mâchoires (mais sans dents !), verts à l’extérieur et rouges à l’intérieur, dotés de trois petits poils sur chacune des parties. « Si on stimule un poil une fois, la plante ne se refermera pas, parce que ça peut être une feuille, un coup de vent, etc. Ce sont deux à trois simulations répétées qui vont déclencher la fermeture qui se fait en un dixième de seconde : c’est extrêmement rapide ! » L’insecte n’a aucune chance de s’échapper, ni d’en réchapper. Il finira digéré.

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Comme des sucs digestifs

Tournons-nous maintenant vers les sarracenias, autre genre de plantes carnivores, dotées elles de longs tubes verticaux. « Ce sont des pièges à urnes, précise Sébastien. Et à l’intérieur de l’urne, on a des poils plantés la tête vers le bas, et l’insecte attiré par les ménages couleurs/odeurs ne peut pas remonter. Il glisse inexorablement vers le fond où il est piégé et digéré dans un liquide semblable, pour simplifier, à nos sucs digestifs. »

Dernier type de piège, les pièges à colle, où les insectes attirés se retrouvent collés comme les mouches « sur les fils à colle qu’utilisaient nos grands-mères au plafond, et digérés sur la plante ». Mais tous les insectes ne sont pas nécessairement des proies. Ils ont une autre utilité, et c’est la raison pour laquelle les plantes carnivores sont dotées « de grandes hampes florales, très longues, pour porter des fleurs loin des pièges, parce qu’elles ont besoin d’être pollinisées par un autre insecte. »

Adaptées aux sols pauvres

Les plantes carnivores ont les mêmes besoins que les plantes classiques : de l’eau, de la lumière et des nutriments. Mais quand on pousse sur des sols pauvres, on a besoin d’un complément alimentaire. « Elles forment un genre à part, parce qu’elles sont les seules à être devenues comme ça. Depuis la préhistoire, elles mourraient de faim parce qu’elles étaient sur des sols appauvris. Elles ont donc dû développer un moyen autre pour pouvoir se nourrir : elles sont devenues carnivores ». Leur capacité à se procurer des nutriments autres que ceux présents dans le sol leur a ainsi permis de coloniser des terres très peu fertiles.

On connait aujourd’hui dans le monde plus de 500 espèces de plantes carnivores, et on en découvre chaque année, partout, sauf dans les déserts et aux pôles. Certaines ont des pièges au bout de leurs racines, pour les proies souterraines. D’autres sont aquatiques et se nourrissent de plancton, microscopique. Quand d’autres encore, un peu plus grosses, peuvent digérer des rats.

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La question de la semaine

Quel animal vient d’entrer dans le Livre des records ?

C’est un oiseau, une barge rousse, distinguée pour avoir accompli le plus long vol sans escale, 13 560 kilomètres, du nord au sud, d’Alaska jusqu’en Tasmanie, l’île australienne au sud de l’Australie – des chercheurs l’avaient munie d’un GPS. Une migration marathon, sans se poser, sans boire, sans manger : 11 jours et 11 nuits en ne dormant que d’un œil, ou plutôt d’une moitié du cerveau. Une telle performance, à 50 kilomètres-heure en moyenne, autour de 4 000 mètres d’altitude, ça se prépare : un mois avant le départ, la barge rousse enchaîne les festins de vers et de crevettes en bord de mer (c’est un oiseau limicole) et prend 50% de poids en plus. Le précédent record appartenait déjà à une barge rousse.

Source du contenu: www.rfi.fr

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