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Chronique des matières premières – La Chine garde ses engrais phosphatés pour ses agriculteurs et force d’autres pays à payer le prix fort

Mauvaise nouvelle pour les acheteurs d’engrais phosphatés : il va falloir probablement faire encore sans la Chine dans les mois qui viennent. Le pays n’a pas repris ses exportations ce printemps, contrairement à ce qui était attendu. Résultat, les prix ont commencé à grimper sur le marché mondial.

C’est dans la saison creuse, quand la demande des agriculteurs chinois est au plus bas, que la Chine exporte le plus. On aurait donc dû voir sur le marché mondial, plus d’urée et plus d’engrais phosphaté chinois depuis le mois d’avril. Mais ce n’est pas le cas, la Chine n’a pas rouvert le robinet qui était presque fermé depuis plus d’un an. Aucune interdiction formelle d’exporter n’a été annoncée en 2023, mais les flux sont devenus si réduits que c’est tout comme.

Désarroi chez les importateurs

Pour tous les grands pays importateurs, comme le Brésil, les États-Unis, l’Inde ou encore le Pakistan, la non levée des restrictions est une mauvaise nouvelle. Les distributeurs d’engrais y avaient retardé leurs achats dans l’espoir d’un retour de la Chine sur le marché, et sont aujourd’hui en panique, et obligés d’acheter.

Cela se traduit sur les prix, en particulier pour les engrais phosphatés qui étaient déjà très élevés. En Inde, ce qu’on appelle le DAP a augmenté de 50 dollars la tonne, soit 10 %, n quelques jours. En un mois, la tonne sur le marché américain a augmenté de 100 dollars. 

Pour l’urée, l’impact est beaucoup moins visible, car « on en trouve en quantité suffisante au Moyen-Orient et en Égypte », explique un négociant.

Alternative marocaine

Il est peu probable de voir la stratégie chinoise qui donne la priorité au marché intérieur s’assouplir dans les prochaines semaines : la principale fenêtre d’exportation, va bientôt se refermer. Dès la fin du mois d’août, la prochaine saison se prépare dans le pays et les engrais commencent à être achetés pour remplir les stocks du pays. 

L’absence de la Chine sur le marché mondial pourrait être compensée, en revanche, par la montée en puissance du Maroc, le premier exportateur mondial d’engrais phosphaté. Les capacités de production de l’Office Chérifien des Phosphates (OCP) sont en pleine expansion et devraient bientôt atteindre 15 millions de tonnes par an. Ces volumes permettront peut-être de contenir les prix dans les prochains mois. 

Source du contenu: www.rfi.fr

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