AccueilCultureA Bruxelles, les foires d’art prolifèrent avec la Brafa et Ceramic

A Bruxelles, les foires d’art prolifèrent avec la Brafa et Ceramic

Selon Pauline Loeb, fondatrice du site Artfairmag, qui est également une base de données sur les foires d’art internationales (utilisée, notamment, par l’économiste Clare McAndrew pour son rapport annuel sur le marché de l’art publié à l’initiative d’Art Basel), il y aurait 379 événements de ce type dans le monde chaque année. Désormais, il y en a 380 : une nouvelle foire, Ceramic, exclusivement consacrée aux productions contemporaines utilisant la terre (céramique, porcelaine et autres cuissons du même type), vient de voir le jour à Bruxelles. Et en même temps se tient dans la capitale belge une des plus anciennes foires d’antiquaires du monde, la Brafa, qui ouvre sa 69e édition, et se clôt à Genève une foire montante, Artgenève, malgré quelques soubresauts – une plainte pour escroquerie a été déposée contre son ancien directeur.

N’est-ce pas un peu trop ? Pour les amateurs, certainement, qui sont physiquement, sinon économiquement, dans l’impossibilité de les voir toutes. Pour les marchands, il semblerait que non et il en faudrait même plus : les visiteurs dans les galeries sont devenus si rares que ce genre de manifestation, qui attire encore un large public – 70 000 visiteurs pour la Brafa –, est indispensable. La galerie Perrotin par exemple, pourtant implantée dans neuf villes dans le monde, en fait plus d’une vingtaine chaque année et participe ainsi à Artgenève, celle des trois qui a su drainer ce mois-ci les poids lourds de l’art contemporain.

Sous le signe du surréalisme

Les artistes modernes sont plutôt à la Brafa, où ils se taillent la part du lion dans une foire qui se veut pourtant généraliste. Elle se déploie dans deux grands halls du Palais des expositions, situé en périphérie de Bruxelles, sur le plateau du Heysel, avec 132 exposants de toutes spécialités. Des arts premiers par exemple, mais avec cinq galeries seulement, soit moitié moins qu’autrefois : comme les spécialistes en archéologie ou en arts asiatiques, les marchands sont échaudés par le zèle, par ailleurs louable, des douanes et de la police belges, qui traquent les œuvres mal acquises. Mais aussi de l’art contemporain, en passant par des antiquités, de l’art oriental et islamique, des peintures anciennes, des tapisseries (depuis celle d’un anonyme flamand du XVIe siècle à un bel ensemble de Fernand Léger), du mobilier ou des bijoux, sans oublier la bande dessinée, mélangés plus que réunis dans un éclectisme revigorant.

Toutefois, la foire est placée cette année sous le signe du surréalisme, centenaire de la publication du manifeste d’André Breton oblige (un des 19 exemplaires connus de la première édition est proposé sur le stand de la Librairie Lardanchet), avec la participation de la fondation consacrée à Paul Delvaux, qui expose une quinzaine de tableaux de sa collection, a priori pas à vendre. Les collectionneurs pourront en trouver sur d’autres stands, dont de très vigoureuses aquarelles présentées par la galerie Guy Pieters, comme d’ailleurs des œuvres de René Magritte (galerie La Béraudière et galerie De Jonckheere), mais aussi un fort beau Victor Brauner (1903-1966) provenant de l’ancienne collection Bourdon (galerie Trigano), une fonte récente (2020) d’une sculpture monumentale réalisée en 1967 par Max Ernst (1891-1976) intitulée Corps enseignant pour une école de tueurs (DIE Galerie), ou, chez Cazeau, le surprenant photographe Pierre Jahan (1909-2003), plutôt connu pour ses sujets « humanistes ». Proche de Jean Cocteau, il eut aussi une tardive mais très féconde période surréaliste.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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