AccueilCultureA Montigny-le-Bretonneux, une symphonie de couleurs pour un conservatoire

A Montigny-le-Bretonneux, une symphonie de couleurs pour un conservatoire

La première vertu du Forum des arts Charles-Aznavour, celle qui s’impose dès que l’on voit sa silhouette se profiler d’une rue adjacente, c’est son caractère, racé et élégant. L’enveloppe est pourtant sobre. Un volume étagé relativement simple, creusé sur un de ses angles par un petit porte-à-faux ; une façade texturée, patchwork de bandes de matière hétérogènes (béton lisse, béton griffé, miroir, verre…) qui lui impriment relief, reflets et mouvement.

Le bâtiment s’installe ainsi, sûr de ses effets, au cœur de Montigny-le-Bretonneux (Yvelines), sur une place piétonne généreusement plantée dont il a suscité la création. Il structure désormais le quartier comme une rotule, faisant le lien entre le tissu de petits immeubles résidentiels caractéristique de cette ville, dont la population a connu un boom considérable à la fin du XXe siècle, quand elle a rejoint la communauté d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines, et les Arcades du lac, de Ricardo Bofill, complexe d’habitation monumental dressé autour d’un bassin artificiel qui lui a valu, dès sa livraison, en 1981, le surnom de « Versailles du peuple ».

Parcours à dimension ludique

Le Forum des arts est un conservatoire de musique et de danse. Son architecte, Dominique Coulon, a pensé l’intérieur pour la musique. Il a dessiné chaque mur, chaque angle, choisi chaque matériau, en étroite collaboration avec un ingénieur acousticien. Le son, en quelque sorte, donnait le « la » du projet, et l’architecte s’est plié de bonne grâce à sa loi.

Son rôle, tel qu’il le décrit, aura consisté à mettre en scène une forme qui s’est imposée à lui en perçant des ouvertures partout où c’était possible pour multiplier les vues. Et en jouant avec la couleur et la lumière comme avec les notes d’un clavier. Du grand auditorium aux petites salles de classe, chaque pièce diffuse sa vibration – blanc, rouge, noir, bleu… Signature de ce projet aux accents de symphonie fantastique, des films dichroïques (qui changent de couleur selon l’endroit d’où l’on regarde), collés aux fenêtres, projettent des faisceaux colorés dans toutes les circulations, sur les murs de béton brut qui les délimitent. Selon l’intensité de la lumière, et le point de vue, la couleur varie du mauve au bleu, au rose, au jaune… Il y a de la magie dans l’air.

Dès l’instant où l’on pousse la porte, on bascule loin de la ville et de son triste décor. On est immédiatement ailleurs. Quelque part entre une installation de Dan Flavin et le monde renversé de Lewis Carroll, de l’autre côté du miroir. Car le parcours a une dimension ludique. Il se déploie comme un volume unique, fluide et mutant, dont les perspectives se diffractent autour d’un grand escalier central. L’espace n’a jamais la même forme. Tantôt écrasé, tantôt étiré en hauteur comme de grandes cheminées qui rappellent les puits de lumière de l’église Saint-Pierre de Firminy (Loire), de Le Corbusier, il réserve des surprises à tous les étages.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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