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Anatomie d’un ratage de la France aux Oscars

Que s’est-il passé le 21 septembre au Centre national du cinéma (CNC) ? Ce qui n’aurait dû être qu’une formalité – envoyer aux Oscars la Palme d’or Anatomie d’une chute – a tourné au fiasco. Le film choisi par le CNC pour représenter la France dans la catégorie du meilleur film étranger, La Passion de Dodin Bouffant, n’a finalement pas été retenu par l’Académie américaine alors que celui de Justine Triet est en lice dans cinq catégories et a déjà raflé le Prix du cinéma européen, deux Golden Globes et trois prix Lumière.

Après un premier tour, le 14 septembre, les sept membres de la commission, désignés par le CNC, les producteurs Charles Gillibert et Patrick Wachs­berger (ce dernier était en visio), les cinéastes Olivier Assayas et Mounia Meddour, les exportatrices Sabine Chemaly et Tanja Meissner et le compositeur Alexandre Desplats se retrouvent, le 21 septembre, pour un second vote. Dominique Boutonnat (président du CNC) et Gilles Pélisson (président d’Unifrance, l’organisme chargé de la promotion du cinéma français à l’étranger) sont également présents mais comme simples « observateurs ».

Cette matinée-là, Charles Gillibert, Patrick Wachs­berger et Olivier Assayas tombent des nues. Ils ont voté pour le film de Justine Triet, mais c’est finalement La Passion de Dodin Bouffant, de Tran Anh Hung, qui l’emporte d’une voix. Charles Gillibert, producteur de Mustang qui a représenté la France aux Oscars en 2016, et fin expert du marché américain tente de comprendre le choix des autres. « Il n’y a pas eu de débat. En face, personne n’a cherché à me convaincre. » Olivier Assayas bataille lui aussi, pied à pied, en faveur d’Anatomie d’une chute : « Je l’ai personnellement très mal vécu. Et je l’ai aussitôt fait savoir aux responsables du CNC qui étaient là. » Tout en précisant : « Je suis navré que le film de Tran Anh Hung, qui est un cinéaste que je respecte et pour qui j’ai de l’amitié, ait été bousculé, dans une querelle qui n’était pas la sienne. »

Audiard, Philibert et Sciamma non sélectionnés

Les quatre autres membres qui ont choisi La Passion de Dodin Bouffant auraient été convaincus par le « côté frenchy » du film, une romance gastronomique en costumes dont le titre anglais a failli être Pot-au-feu. Cette stratégie de la France éternelle, et sa trinité viande-vin-fromage, a été dictée par une « vision désuète » du marché américain, a regretté le magazine Variety dans l’un de ses nombreux articles consacré au « comité dysfonctionnel » du CNC, qui décrit le cinéma français comme un « petit village où quelques agents et studios de talents tirent toutes les ficelles ».

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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