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Après YouTube, Théodort rêve d’autres tubes

Théodore Imad Levisse n’a que 21 ans, mais déjà une première carrière en tant que youtubeur sous un pseudonyme qui facilite grandement les recherches sur Google : Théodort. Il s’est lancé dans un deuxième métier, chanteur et musicien, en publiant, le 24 mai, un premier album, Imad, qui s’inspire de la musique électronique sud-africaine, l’amapiano. Malgré la qualité de ce premier essai discographique, ses quelques millions de followers sur les réseaux sociaux lui en veulent un peu. Il faut dire qu’il n’y est pas allé de main morte. En janvier, il a supprimé sa chaîne YouTube et rendu ainsi orphelins tous ceux qui ont contribué à son succès.

A 13 ans, l’adolescent comptait déjà plus de 100 000 abonnés depuis que, trois ans plus tôt, il avait commencé à se moquer gentiment de ses collègues youtubeurs et de leurs vidéos sur leurs parties de jeux en ligne. C’est drôle, un enfant qui se moque des autres. Puis, à 18 ans, en même temps qu’il intègre une école de théâtre après le bac, il enregistre des sketchs et parodie les stars du rap, de Jul à Booba, en passant par SCH, « ce rappeur qui se croit dans un film ». Enorme succès.

Mais voilà, Théodort est surtout un amoureux de la musique et joue du piano depuis sa tendre enfance en Bourgogne. Alors ce qu’il avait commencé comme un jeu, et l’avait rendu riche au passage, le rendait surtout malheureux. « C’était chronophage, résume-t-il dans un café proche du 16e arrondissement parisien, où il habite désormais. Après dix ans, j’avais l’impression d’avoir fait le tour, de ne plus être à ma place. Mes dernières vidéos, c’était une critique, une parodie de notre monde d’Internet. »

Table rase du passé

Alors le jeune homme s’est mis en accord avec ses critiques et a tout supprimé, fait table rase du passé sans le renier. « Pendant toutes ces années, je continuais à jouer de la musique mais je ne publiais rien. Et là, j’ai senti que c’était le moment. » Lorsqu’il était enfant, ses parents, fonctionnaire et coach de santé, l’avaient inscrit au conservatoire, en Bourgogne. Son grand frère est à la guitare, lui au piano. Précoce, à 7 ans, il compose des petites chansons, demande à son père de lui graver un CD et se confectionne une pochette d’album. Une petite caméra vidéo et l’usage intensif de YouTube, le mercredi après-midi, le détourneront de sa première passion. Finalement, c’est en 2022, au retour d’un séjour au Bénin, pays d’origine de sa mère où il dit « [se] sentir le plus apaisé », qu’il décide de se concentrer sur la musique. Son oncle, KS, rappeur local, lui a partagé ses playlists et fait découvrir l’amapiano, la musique électronique sud-africaine, chanté en zulu. Il fait ses recherches, puis télécharge l’album du Nigérian Asake, et c’est le coup de foudre.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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