AccueilCultureAu Mémorial de Caen, dans l’imaginaire des GI venus débarquer en Normandie

Au Mémorial de Caen, dans l’imaginaire des GI venus débarquer en Normandie

Les commémorations guerrières ont bien du mal, au fil des décennies, à renouveler leur message, à ne pas jouer la sempiternelle répétition de valeurs admises. Plutôt que de proposer une nouvelle fois la célébration de la bravoure et de l’héroïsme des combattants du 6 juin 1944, de reprendre une histoire militaire dont le musée livre déjà les temps forts, le Mémorial de Caen a choisi de se pencher sur la vie de ces anonymes venus lutter sur le sol français.

Que sait-on de ces GI, en fait, avant qu’ils n’entrent dans l’histoire ? Qui sont ces jeunes hommes qui viennent des Etats-Unis participer, en débarquant sur les côtes normandes, à la libération de l’Europe du joug nazi ? Quel est, sinon leur histoire, leur imaginaire ? Quelle culture a façonné leur esprit, dont les valeurs vont gagner le Vieux Continent à dater de cet événement majeur ?

L’enjeu est capital au moment où les Etats-Unis s’apprêtent à assumer un destin international. Lorsque, en février 1941, pour convaincre ses concitoyens d’abandonner leur isolationnisme et d’intervenir sur la scène mondiale, dont il s’agit de « prendre la direction », promise aux Etats-Unis depuis 1919, le magnat de la presse Henry Luce s’engage, il éditorialise crânement : « Avec l’aide de chacun d’entre nous, Roosevelt doit réussir là où Wilson a échoué. LE XXe SIÈCLE EST LE SIÈCLE AMÉRICAIN. »

Résonance contemporaine

L’exposition emprunte son sous-titre – « Under the Red White and Blue »à Francis Scott Fitzgerald, qui le destinait à son roman Gatsby le Magnifique (1925). Elle livre une vision de l’entre-deux-guerres dont les éléments bien connus – Chaplin, Disney et King Kong, le Cotton Club et Jesse Owens, Henry Ford et Sacco et Vanzetti, la Grande Dépression vue par la photographe Dorothea Lange ou l’écrivain John Steinbeck, le Ku Klux Klan, Coca-Cola et le Monopoly – ne sont que rarement mis en regard pour définir une culture, une sensibilité, une vision du monde, dont la victoire de 1945 va assurer la diffusion planétaire.

Pour relever ce défi, le Mémorial a reçu le concours d’institutions européennes et américaines (de la Smithsonian Institution, mais aussi des studios Warner Bros et Paramount, comme de l’académie des Oscars) qui se sont approprié le projet en participant à la sélection des pièces proposées au public. On découvre ainsi par de courtes capsules vidéo pourquoi certains choix disent la façon dont ce moment est aujourd’hui perçu aux Etats-Unis, donnant une résonance toute contemporaine à cette évocation du passé.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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