AccueilCultureAu Théâtre de Chaillot, le flamenco frénétique et métissé de David Coria

Au Théâtre de Chaillot, le flamenco frénétique et métissé de David Coria

Des frappes de pieds à réveiller les morts, de l’acharnement pour taper profond, des bras qui accrochent l’air, la terre et le ciel. La tension nerveuse du spectacle Los bailes robados (« les danses volées »), du chorégraphe David Coria, présenté le 30 janvier à Chaillot-Théâtre national de la danse, à Paris (16e), affirme l’urgence âpre d’un flamenco de la déflagration. Pas de demi-mesure dans cette escalade d’un style charpenté qui se défie de rester sage et propre dans ses codes.

En ouverture de la Biennale d’art flamenco, à l’affiche jusqu’au 11 février, cet appel d’air brûlant a placé haut la barre d’une manifestation devenue emblématique. Pour cette sixième édition, coorganisée avec la Biennale de Séville, qui culminera dans le week-end festif du 10 et 11 février avec performances, rencontres et concerts, le menu parie sur l’audace avec quatre artistes dont le goût du risque appliqué à une virtuosité hors pair secoue le flamenco.

Aux côtés de David Coria, Olga Pericet, la star Rocio Molina et le pionnier Andrés Marin se succéderont dans des pièces aventureuses aux expérimentations proches de la danse contemporaine. Pour La leona (« la lionne »), sur l’animalité, Olga Pericet se dénude le torse : une tendance que l’on retrouve chez nombre de chorégraphes femmes. Pour le tableau ultime de Los bailes robados, Coria, ose, lui, les pieds nus.

« Au-delà du stéréotype »

A 40 ans, David Coria fait parler de lui depuis quelques années. Depuis El encuentro (2017), dans lequel il évoquait sa famille dont il est le onzième et dernier enfant, puis le succès de son fabuleux ¡Fandango! (2020), Prix du meilleur spectacle de la Biennale de flamenco de Séville, il poursuit sa route, défrichée dès l’âge de 5 ans, à Coria, son village natal situé près de Séville. Il a choisi de porter le nom de sa ville, où il vit toujours, et a conservé de son enfance le besoin de faire trembler le cadre. « Dans une famille nombreuse, il y a une ambiance de fête mais de jungle aussi, il fallait savoir sortir du lot pour exister », explique-t-il.

Lire le récit : Article réservé à nos abonnés Danse : le flamenco nouveau, entre talons et baskets

Rien d’étonnant que son écriture se distingue par son sens de l’exaspération, au cœur du bouillonnement intime qu’est le flamenco. Elle colle ici particulièrement bien avec le thème de Los bailes robados : en 1518, à Strasbourg, une épidémie de danse frénétique saisit des centaines de personnes qui se déchaînent jusqu’à en mourir. Cet événement historique engendre pour Coria le motif de danser à en crever qui irradie dans le spectacle. En solitaire ou reliés dans une chaîne, les interprètes métissent leur vocabulaire chorégraphique avec des influences traditionnelles comme celle de la tarentelle italienne.

Il vous reste 35% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source du contenu: www.lemonde.fr

dernières nouvelles

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici