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Avec la pièce « Education nationale », de François Hien, l’école publique tout entière monte sur scène

 Exhibée sous toutes ses coutures pendant les trois heures (avec entracte) d’une représentation qui maîtrise son sujet, l’Education nationale en personne donne son titre au spectacle de l’auteur metteur en scène François Hien, dont la résidence artistique au Théâtre national populaire de Villeurbanne (Rhône) s’est achevée avec cette vaste création (actuellement en tournée).

L’artiste a documenté son propos avec sérieux et méthode : deux ans et demi de recherches et de rencontres préalables, une collaboration intensive avec Sabine Collardey, professeure de philosophie et dramaturge. L’immersion théâtrale proposée au lycée Jean-Zay, situé en zone sensible à Virieux-en-Vézon (les lieux sont inventés) relève du vécu et de la fiction, du bilan de santé et du cahier de doléances, de l’explication de texte et du plaidoyer.

Une fois poussée la porte de l’établissement (en l’occurrence, une scène brute de décoffrage occupée par des chaises, des tables, quelques parois, cet ensemble étant amovible), aucune échappatoire n’est permise : une plongée vertigineuse engloutit le public dans le quotidien d’une communauté si hétérogène que les conflits humains, professionnels, éthiques et politiques y sont inévitables.

Multitude d’histoires

Enseignants, élèves, proviseur, conseillère d’orientation, assistants d’éducation, infirmière scolaire, agente d’entretien, inspectrice académique, syndicalistes, parents d’élèves, il y a du monde sur le plateau : dix comédiens, chacun assumant plusieurs personnages, auxquels s’ajoute, chaque soir, une classe différente de lycéens de la métropole lyonnaise qui font de la figuration plus qu’ils ne jouent vraiment des rôles.

François Hien fait le choix assumé de la durée, de la multitude et du foisonnement des histoires abordées. A l’image, finalement, d’une journée lycéenne qui démarre tôt, se termine tard, bien après que les classes ont été vidées, et brasse autant de récits singuliers qu’il y a de passagers à bord de ces citadelles aujourd’hui assiégées.

Y avait-il besoin du théâtre pour prendre conscience du malaise, voire de la souffrance de l’éducation nationale ? Non. Mais les journaux, faute de temps ou de place, n’autorisent pas l’exposé patient, détaillé et presque exhaustif opéré par une représentation soucieuse d’analyser les composantes de la crise de l’école. Impossible de décrire par le menu la variété des cas de figure traités par le metteur en scène. François Hien entrelace les fils narratifs, compressant des mois d’enquête en une grappe d’heures où chaque minute pèse son poids de témoignages et d’expériences.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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