AccueilCultureCinq idées pour (re) découvrir Franz Kafka, cent ans après sa mort

Cinq idées pour (re) découvrir Franz Kafka, cent ans après sa mort

LA LISTE DE LA MATINALE

L’œuvre de Franz Kafka traverse les époques et les générations, à tel point qu’il est même devenu très populaire auprès des jeunes utilisateurs de TikTok. Nous avons sélectionné un livre, une bande dessinée, un documentaire, des podcasts et même un opéra parmi les nombreuses sorties ou événements jalonnant le centenaire de sa mort, à 41 ans, des suites de la tuberculose.

« Kafka, cet inconnu illustre » : un documentaire au fil du « Château »

Dans ce documentaire déroulant la vie de l’écrivain entre clichés et réalités, ponctué d’images d’archives du Prague du début du XXsiècle et de paroles de spécialistes de l’œuvre de l’écrivain, le réalisateur tchèque Pavel Simak a choisi de suivre le fil du roman Le Château (adapté au cinéma par Rudolf Noelte, dont on voit des extraits), qui se rapproche étonnamment de la vie de son auteur. K, son personnage principal, se retrouve dans un village sombre et froid, surplombé d’un château couvert de neige et détenant tous les pouvoirs sur la contrée.

Publié en 1926, deux ans après la mort de l’écrivain, le livre se retrouve dans le paysage politique de la guerre et du rideau de fer : le régime communiste tchécoslovaque craint que son œuvre soit une inspiration pour la population, les poussant à aller à l’encontre du pouvoir en place, car K ne se soumet pas aux directives instaurées dans le village avant son arrivée. C’est dans ce climat que la vie de Kafka prend son sens, un écrivain pourtant perçu, à l’époque, comme ne mêlant pas son art avec la politique. Cl. R.

Kafka, cet inconnu illustre, documentaire de Pavel Simak (2024, République tchèque, 51 min). Disponible sur Arte.tv jusqu’au 24 mai 2029.

« La Vie après Kafka » : le roman sur la mystérieuse fiancée

De Felice Bauer, la première compagne de Kafka, avec laquelle il a entretenu une relation épistolaire foisonnante entre 1912 et 1917 et s’est fiancé à deux reprises, il ne reste que très peu de chose. Pour comprendre la femme qui se cache derrière les 500 lettres que Kafka lui a adressées, rassemblées dans Lettres à Felice (Gallimard, 1972), l’écrivaine tchèque Magdalena Platzova la place au centre de son roman La Vie après Kafka. Durant dix ans, l’autrice du Saut d’Aaron (Agullo, 2021) a enquêté sur cette Berlinoise, afin d’étoffer la description d’un visage « osseux et vide », que Kafka dépeignait dans son Journal le 20 août 1912.

Mais il est aussi question d’autres femmes et hommes auxquels Kafka a été lié et qui lui ont survécu – Heinz, le fils que Felice a eu avec son mari Moritz Marasse, Grete Bloch, amie de Bauer et amante de Kafka, Max Brod, fidèle confident de l’auteur. L’écrivain est longtemps demeuré, dans la vie de ces juifs européens, comme une ombre plus ou moins palpable, réconfortante ou pesante. Car se rappeler Kafka, c’est songer aux vestiges meurtris de l’Europe d’avant-guerre, secouer la douleur de l’exil et trouver dans ses livres des mots pour la combattre. Un récit témoin du souvenir funeste ou salutaire, parfois les deux à la fois, que Kafka a laissé chez celles et ceux qui ont fait partie de sa vie. Ca. Ma.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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