AccueilCultureDans « Origami », Ahmed Sylla déploie un humour avec un grand cœur

Dans « Origami », Ahmed Sylla déploie un humour avec un grand cœur

Ahmed Sylla a retrouvé le chemin de la scène et s’en donne à cœur joie. Cinq ans après Différent, un one-man-show inachevé dans l’écriture et le propos, l’humoriste et comédien devenu un visage de plus en plus familier du cinéma renoue avec son public et ce qui a fait son succès. Soit sa tchatche, sa qualité d’interprétation – en particulier des personnages féminins –, sa gestuelle à la Jim Carrey, sa bienveillance et sa volonté, plus que jamais, de rassembler. Cette fois, il ne s’encombre pas d’un décor béquille, juste de lumières et de projections de quelques photos de famille.

Son nouveau spectacle s’appelle Origami. Jolie image pour illustrer tous les pans de sa vie, façonnée par ses origines et un parcours inattendu. Son itinéraire a basculé en 2016, lors du festival Marrakech du rire, où son passage hilarant, largement relayé sur les réseaux sociaux, a lancé sa carrière. Le temps a passé, mais, sur la scène du Casino de Paris, on retrouve le Ahmed Sylla de ses débuts, un vrai showman capable de mêler autodérision et émotion, d’alterner stand-up et personnages, comme dans Ahmed Sylla avec un grand Ason meilleur spectacle, qui l’a propulsé, il y a une petite dizaine d’années, parmi les étoiles montantes de l’humour.

Lire la rencontre (2023) | Article réservé à nos abonnés Ahmed Sylla, comédien avec un grand C

Dans une époque anxiogène et une société de plus en plus divisée, Ahmed Sylla cherche la paix, plaide (parfois avec trop de profusion) pour l’amour et milite pour les papouilles dans un one-man-show feel-good, au bon sens du terme. Après une rétrospective un peu longue et fourre-tout de ces cinq dernières années (Covid-19 et confinements, défaite de l’équipe de France de football en finale de la Coupe du monde 2022, Macron et sa « poudre de perlimpinpin » « une expression que même sa femme n’utilise plus » –, mort de la reine Elizabeth, punaises de lit, génération TikTok), le spectacle prend une autre ampleur lorsque le ton devient plus personnel.

« Papouille collective »

« Pour s’aimer vraiment, il faut qu’on se connaisse un peu plus, donc je vais me mettre à nu, donner des infos dites “sensibles”. Si jamais des personnes ne se sentent pas bien au moment de ces annonces, n’hésitez pas à sortir de la salle », précise, taquin, l’humoriste. « Oui, je suis noir », « oui, je suis musulman », déroule cet artiste né à Nantes de parents sénégalais. Si Ahmed Sylla évoque pour la première fois sa religion sur scène, c’est parce qu’il sent le besoin « d’une petite papouille collective » face à « des infos qui ne servent qu’à nous diviser ». « Je comprends vos craintes si vous ne comptez que sur Pascal Praud pour vous informer sur ce qu’est l’islam. Ce n’est pas le meilleur prof. C’est comme si le moniteur d’auto-école était Pierre Palmade », lâche-t-il. A 34 ans, l’humoriste rêve de retrouver la France black-blanc-beur des années 1990 et tente de se rassurer sur le vivre-ensemble en faisant allumer la salle pour regarder son public : « Cette France-là, ça existe encore », constate-t-il.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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