AccueilCulture« De grâce », sur Arte.tv : dans les bas-fonds des docks du Havre

« De grâce », sur Arte.tv : dans les bas-fonds des docks du Havre

ARTE.TV – À LA DEMANDE – MINISÉRIE

Pierre Leprieur est un homme important au Havre. Pourtant, il n’a qu’un seul épisode à vivre. Docker depuis toujours, l’homme, interprété avec l’aplomb et le sérieux d’Olivier Gourmet, est également un puissant syndicaliste, qui vient pourtant de se faire évincer. La raison ? Ses prises de position véhémentes contre le trafic de drogue, qui infiltre chaque jour un peu plus les conteneurs qui transitent par l’immense port commercial de la ville. Est-ce pour cela qu’il est retrouvé mort en pleine rue, d’une balle dans la tête ?

Avec un grand souci de pédagogie ouvrière et syndicale, De grâce entrecroise le passé et le présent pour reconstituer les dernières semaines de Pierre Leprieur et démêler le nœud d’inimitiés qui l’ont conduit à sa perte. Face à un rival moins scrupuleux que lui et à des réseaux de trafiquants qui ont trouvé des relais au sein même des employés du port, Pierre a fini par incarner une éthique en voie de disparition. Et ce malgré la réputation sulfureuse de son beau-père, disparu des années plus tôt dans des circonstances louches, ainsi que celle de son propre frère, Christophe, junkie qui a quitté la ville depuis longtemps. D’ailleurs, depuis la mort de Pierre, le bruit court que Christophe serait de retour dans la région.

Coup de théâtre improbable

Ce contexte déjà fort lourd est un peu plus plombé par les conflits qui déchirent la famille du défunt. Les rôles y sont attribués de façon très conservatrice : les hommes agissent, les femmes subissent. La veuve de Pierre (Astrid Whettnall) découvre ainsi la double vie de son mari, qui entretenait avant sa mort une jeune prostituée sans papiers. Le fils aîné (Pierre Lottin), repoussoir de la famille, a le nez dans la poudre quand il n’est pas en train de tromper sa femme. Le cadet (Panayotis Pascot), tout en ambivalences, entretient des liens douteux avec la mafia locale, mais des sentiments délicats pour la femme d’un taulard. Unique fille de la bande et seule transfuge de classe, Emma (Margot Bancilhon) est une avocate droite dans ses bottes.

Lire le portrait (2023) | Article réservé à nos abonnés Panayotis Pascot, itinéraire à succès d’un garçon tourmenté

Hormis quelques incursions dans les bureaux des docks et ceux de la police, De grâce ne s’écartera jamais vraiment de cette structure familiale pour aller fouiller les racines du trafic de drogue à l’origine des règlements de comptes que Pierre n’a cessé de dénoncer de son vivant. Regardant plus du côté du Parrain que de la saison 2 de The Wire, le récit s’attache avant tout à exhumer les rancœurs entre frères et sœurs, réunis autour d’un père dont la mort vient révéler les secrets et les faiblesses. La vérité qui se dessine au bout des six épisodes est percutée par un coup de théâtre improbable, mais qui a le mérite de ménager l’éventualité d’une deuxième saison.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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