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« Disco, la révolution française », sur France 3 : la fièvre francophone du samedi soir

FRANCE 3 – SAMEDI 3 FÉVRIER À 23 H 30 – DOCUMENTAIRE

Cerrone, Village People, Patrick Juvet… Bienvenue dans la fièvre du samedi soir ! Une fièvre francophone, dont ce documentaire de François Chaumont détaille les étapes. Dans les années 1970 émerge outre-Atlantique une musique faite pour danser. « Un mouvement bien plus contestataire qu’il n’y paraît, capable de transformer les pistes de danse en machines à intégrer toutes les minorités sexuelles et ethniques », affirme la voix off d’Emilie Mazoyer, l’animatrice de l’émission « Décibels », sur France Bleu.

Un mélange de mélodie pop et d’orchestration funk « joyeux, désordonné, hédoniste, libérateur », qui va faire le triomphe d’un « French sound » dont se revendiquent aujourd’hui Juliette Armanet, Clara Luciani, Izïa…

En 1976, Love in C Minor, le premier single d’un jeune batteur, Cerrone (Marc de son prénom), accroche l’oreille d’un DJ new-yorkais. Suivra le boys band Village People, incarnation en 1977 du New York gay de Greenwich Village. Ses créateurs français, Jacques Morali et Henri Belolo, inonderont la planète de tubes comme YMCA ou In the Navy. Le tandem propulsera aussi le Suisse Patrick Juvet sur les dance floors avec I Love America. Enfin, Patrick Hernandez cassera la baraque dès 1978 avec Born to Be Alive, l’un des titres les plus vendus et écoutés, encore aujourd’hui.

La fin de la récré

Le disco est « le premier genre musical qui prône réellement le narcissisme, où chacun devient sa propre star », dit aujourd’hui Isabelle Morizet, qui rebaptisera son nom de scène Carène Cheryl en Karen Cheryl pour s’inscrire dans l’air du temps.

Les stars vieillissantes de la variété française surferont sur la vague. En 1977, Claude François, fidèle à la langue de Molière, convainc Etienne Roda-Gil de lui écrire Magnolias for Ever et Alexandrie Alexandra. Le parolier de Julien Clerc et de Juliette Gréco se flattera « d’avoir introduit la poésie dans le disco ». La même année, Sheila traverse l’Atlantique pour se relancer avec une version disco de Singin’in the Rain, la chanson du film éponyme. Adoubée par Gene Kelly, elle se dit très fière de « [s]’entendre à la radio à New York ». Le rêve américain est en marche. En 1978 ouvre la boîte de nuit Le Palace, « la caverne du disco », réplique parisienne du mythique Studio 54 de New York.

Après une décennie à 120 BPM (battements par minute), le tempo « réglementaire » du disco, le sida, à l’orée des années 1980, sonne la fin de la récré. La communauté gay est la première décimée – Jacques Morali en mourra à 44 ans, en 1991.

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Mais le disco, tel un phénix, renaît sans cesse de ses cendres, avec la vague de l’électro-pop, puis le hip-hop et le rap. Là encore, les créateurs français (Justice, Daft Punk…) traverseront la Manche et l’Atlantique – avant de finir par couper le cordon anglo-saxon. French touch forever…

Disco, la révolution française, documentaire réalisé par François Chaumont, raconté par Emilie Mazoyer (Fr., 2023, 109 min).

Source du contenu: www.lemonde.fr

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