AccueilCultureLa folle histoire du Caravage perdu, désormais exposé au Prado

La folle histoire du Caravage perdu, désormais exposé au Prado

C’est l’épilogue d’une histoire qui a tenu le milieu de l’art en haleine… Au printemps 2021, dans le coin d’un catalogue de vente aux enchères, la photo d’un tableau mis à prix 1 500 euros a fait débarquer à Madrid des collectionneurs internationaux persuadés d’y voir la main du Caravage (1571-1610). Trois ans plus tard, l’Ecce homo du peintre italien a été dévoilé au public, le 28 mai, dans une salle du musée du Prado.

Entre-temps, il a été soumis à une analyse aux rayons X par l’ingénieur nucléaire Claudio Falcucci, spécialiste de la conservation du patrimoine culturel, étudié par des historiens de l’art puis restauré par le Florentin Andrea Cipriani. « Les plus grands experts sont unanimes pour l’attribuer au Caravage », a conclu le directeur du Prado, Miguel Falomir, lors de la présentation à la presse.

On y retrouve les mêmes lignes incisées, petites entailles lui servant de repère, et les mêmes coups de pinceaux croisés, qui correspondent « exactement à la technique du Caravage », a souligné Maria Cristina Terzaghi, professeure d’histoire de l’art moderne à l’Université Roma Tre. Membre du comité scientifique du Musée di Capodimonte et experte du Caravage, elle a reconstitué le parcours de ce tableau, de sa réalisation entre 1606 et 1609, à son apparition dans un inventaire du Comte de Castrillo, vice-roi de Naples, et son voyage en bateau pour rejoindre la collection de Philippe IV d’Espagne (1621-1665). Intégré aux collections royales, il aurait ensuite rejoint d’autres trésors de Manuel Godoy, conseiller du roi Charles IV (1788-1808) et « collectionneur vorace ».

« Fragment de beauté »

La révélation du nom des derniers propriétaires du tableau, la famille Perez de Castro, a été « décisive » pour terminer de l’authentifier. Dans une archive datée de 1823 de l’Académie royale des beaux-arts de San Fernando, qui récupéra de nombreuses toiles de la collection de Godoy, il est en effet mentionné qu’un Ecce Homo de « Carabaggio » a été échangé contre un tableau d’Alonso Cano appartenant à l’homme politique et diplomate Evaristo Perez de Castro (1769-1849)…

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L’Ecce homo du Caravage restera exposé durant neuf mois dans la pinacothèque madrilène, grâce à la « générosité » de son nouveau propriétaire, un Britannique résident en Espagne qui a souhaité garder l’anonymat. Selon la presse espagnole, il aurait acquis l’œuvre pour 36 millions d’euros. Un montant que la célèbre galerie d’art Colnaghi, chargée de la vente et du conseil, n’infirme ni ne confirme. Quoi qu’il en soit, il est très loin des 1 500 euros fixés par la maison de vente aux enchères Ansorena, à Madrid, qui avait attribué le tableau à un élève du peintre espagnol José de Ribera.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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