AccueilCultureLa mort de l’acteur américain Don Murray

La mort de l’acteur américain Don Murray

Un premier rôle au cinéma très remarqué, une carrière dopée épisodiquement par la rencontre avec quelques cinéastes majeurs, un parcours représentatif de ce que proposait le système hollywoodien alors en pleine interrogation, sinon en pleine crise. L’acteur Don Murray est mort à Goleta en Californie le 2 février 2024. Il est né à Los Angeles le 31 juillet 1929 d’un père chorégraphe, chanteur et danseur et d’une mère chanteuse qui partent s’installer sur la côte Est au début des années 1930.

Après des études au lycée d’East Rockaway, dans l’Etat de New York, il intègre l’American Academy of Dramatic Arts. Il fait ses débuts sur les planches à Broadway en 1951 dans la pièce de Tennessee Williams La Rose tatouée. Il passe son service militaire en Europe dans l’action humanitaire, en raison de son refus, comme objecteur de conscience, de participer à la guerre de Corée. Il s’y occupe notamment des nombreux réfugiés regroupés en Italie depuis l’après-guerre, avant de retourner sur les planches en 1954. C’est le moment où la télévision, devenue un véritable médium de masse, en quête d’histoires et surtout de chair fraîche, propose diverses opportunités aux jeunes comédiens. Il apparaît ainsi dans divers épisodes de programmes, souvent en direct, comme Lux Video Theatre, Kraft Television Theatre, etc.

Mais c’est le théâtre qui lui vaudra d’être remarqué par le cinéma. Joshua Logan, lui-même venu de la scène, le repère dans la pièce The Skin of Our Teeth, de Thornton Wilder, et lui propose le premier rôle masculin dans Arrêt d’autobus, adapté d’une pièce de William Inge. Il y est Beauregard Decker, un jeune cow-boy naïf et rustre venu du Montana jusqu’en Arizona pour participer à un rodéo et qui tombe amoureux d’une entraîneuse. Il poursuit obstinément celle-ci jusqu’à tenter de la kidnapper.

Nommé aux Oscars

Arrêt d’autobus met en scène la rencontre d’un jeune premier en devenir avec la star Marilyn Monroe qui, en acceptant le rôle, tentait de changer son image en se « déglamourisant ». Le film relève en effet de ce naturalisme psychologique, souvent venu du théâtre, qui tentait de donner davantage de réalisme et d’authenticité aux personnages dans le cinéma américain d’alors. Le film fut un succès et valut à Don Murray d’être nommé aux Oscars. Il apparaîtra, l’année suivante, dans deux autres films relevant de cette veine, La Nuit des maris de Delbert Mann et Une poignée de neige de Fred Zinnemann, dans lequel il incarne un drogué.

C’est ensuite grâce à deux westerns que Don Murray peut perfectionner un type de personnage tout particulier qui va lui coller à la peau durant un temps : celui du jouvenceau découvrant le monde, du pied tendre confronté à la brutalité de l’Ouest et qui choisira, dans chaque cas, une voie différente. Dans La Fureur des hommes (1958) d’Henry Hathaway, il est un jeune homme pacifique qui provoque accidentellement la mort d’un homme dont le père le poursuit de sa vengeance. Dans le stendhalien Duel dans la boue (1959) de Richard Fleischer, il incarne un cow-boy novice décidé à s’enrichir quitte à renier ses propres principes de jeunesse.

Il vous reste 30% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source du contenu: www.lemonde.fr

dernières nouvelles

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici