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« Le Royaume de Kensuké » : un film d’animation poétique sur l’amitié au secours des orangs-outans

L’AVIS DU « MONDE » – À VOIR

Lors d’une terrible tempête, Michael, 11 ans, embarqué avec ses parents et sa sœur pour un tour du monde à la voile, est propulsé par-dessus bord, avec sa chienne Stella. Echoués sur une île déserte, le jeune garçon et son animal se retrouvent bien dépourvus. Incapables de trouver nourriture et eau potable pour survivre, ils ignorent encore qu’en cet endroit perdu au milieu du Pacifique, vit un autre naufragé : Kensuké, ancien soldat japonais installé là depuis que son bateau de combat, durant la seconde guerre mondiale, a explosé en pleine mer.

Le prologue du Royaume de Kensuké annonce un récit d’aventures qui, à rebrousse-poil des films de genre, surprend par son rythme tranquille et sa simplicité : narration linéaire, esthétique classique – et non moins minutieuse – réalisée en 2D, dialogues ramenés à l’essentiel, s’effaçant au profit des émotions qu’expriment par le dessin, l’attitude et les traits des personnages.

Tout, dans le long-métrage de Neil Boyle et Kirk Hendry, tend à cette ligne de conduite dont l’apparente modestie sert chaque détail du décor, portant ainsi à notre regard la délicatesse du dessin et la poésie des paysages.

Une fable écologique

Adapté du roman éponyme du Britannique Michael Morpurgo sorti en 1999, Le Royaume de Kensuké, qui fut en compétition au Festival d’Annecy en 2023, prend le temps de s’installer. Comme s’il s’agissait de nous faire visiter l’île, d’en appréhender la beauté avant d’en découvrir les secrets ; ceux-ci bénéficiant d’une haute protection en la personne de Kensuké, vieux sage qui veille à la sauvegarde de la nature et des animaux, en particulier les orangs-outans, régulièrement menacés par les trafiquants.

On s’en doute, malgré la barrière de la langue et la méfiance qui marque leur première rencontre, une véritable amitié naîtra entre l’ancien soldat et l’enfant. Ces liens contribueront à l’élaboration d’un récit initiatique et d’une fable écologique que les auteurs ont su mener en pure cohérence, sans didactisme, effets tonitruants ou actions intempestives.

Il suffit ici de se laisser porter par la magie des lieux – sons de la forêt, lumière rasante des sous-bois, obscurité de la canopée, scintillement d’une cascade, masse souple des singes aux poils cuivrés – pour que le message passe. Et que se réveille notre corde sensible. Au point d’être ému comme un gosse au spectacle de la traque par un chasseur d’une mère orang-outan, dont l’issue fatale ravive de vieux souvenirs. C’est à Bambi que l’on pense, alors. A d’autres moments, ce sont Robinson Crusoé et Vendredi, Mowgli et le roi Louie du Livre de la jungle qui se rappellent à nous. Autant de protagonistes et d’histoires dans la lignée desquels s’inscrit cette parenthèse enchantée au Royaume de Kensuké.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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