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Le spectacle Cosmos, de Kevin Keiss et Maëlle Poésy: ces astronautes qui n’ont pas décroché la lune

Le parcours méconnu de treize Américaines, âgées de 17 à 41 ans, recrutées dans les années 1960 pour participer au programme de la Nasa Mercury 13.
JEAN-LOUIS FERNANDEZ

CRITIQUE – Formées pour aller dans l’espace, treize femmes américaines ne connaîtront pas ce rêve. Un spectacle familial brillant.

Maëlle Poésy ne cesse de nous surprendre agréablement. On se souvient de son adaptation de 7 minutes, d’après le roman de Stefano Massini au Vieux-Colombier (2021) et d’Anima, son installation « performance », avec la plasticienne Noémie Goudal (en tournée en mars). La trentenaire revient en beauté avec une création à couper le souffle imaginé avec le dramaturge Kevin Keiss : Cosmos, dans un décor lunaire signé Hélène Jourdan. Inspirés par le documentaire No Gravity, de l’ingénieur Silvia Casalino, qui s’interroge sur la place des femmes dans l’histoire de la conquête spatiale (2011), ils racontent le parcours méconnu de treize Américaines, âgées de 17 à 41 ans, recrutées dans les années 1960 pour participer au programme de la Nasa Mercury 13.

Jane Hart (Caroline Arrouas), mère des huit enfants du gouverneur démocrate du Michigan, et Jerrie Cobb (Mathilde-Édith Mennetrier), consultante pour la Nasa, deviennent les porte-parole du groupe devant la Chambre des représentants et la vice-présidence des États-Unis. Car à la dernière minute, ces pionnières toutes pilotes d’avion chevronnées apprennent que le programme est interrompu. Le rêve pour lequel elles se sont sacrifiées s’effondre brutalement. Les deux héroïnes sont notamment soutenues par Wally Funk (Liza Lapert), l’astrophysicienne, Domi (Dominique Joannon) et l’astrobiologiste Elphège (Elphège Kongombé Yamalé).

Paroles d’émancipation

Elles sont loin d’avoir démérité. Au contraire, elles ont souvent dépassé leurs collègues masculins en effectuant les mêmes tests. Il aurait fallu qu’elles mesurent au moins 1,80 m, chaussent du 46 et soient pilote de chasse, une profession qui leur est alors interdite. John Kennedy les cantonne à leurs rôles d’épouse et de mère. L’astronaute John Glenn tient à garder son privilège. Son discours, que l’on écoute grâce aux images d’archives, est incroyablement rétrograde. Les mentalités ont évolué – il y a encore des progrès à faire -, mais à l’époque, les hommes étaient censés être meilleurs que les femmes pour partir à la conquête de l’espace. Ils n’hésitaient pourtant pas à y envoyer des singes !

Formées aux arts du cirque et à la danse, portée par les chorégraphies de Leïla Ka, telles des athlètes de haut niveau, les cinq comédiennes déambulent sur le plateau et dans les cintres. À la verticale, à l’horizontale, attachées comme pour l’escalade, elles imposent magnifiquement leurs personnalités et leurs paroles d’émancipation. Dans la salle, petits et grands – le spectacle est conseillé à partir de 15 ans – ont des étoiles dans les yeux.

Cosmos, en tournée partout en France.

Source du contenu: www.lefigaro.fr

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