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Les sorties cinéma : « Orlando, ma biographie politique », « En attendant la nuit », « Rendez-vous avec Pol Pot », « La Petite Vadrouille »….

LA LISTE DE LA MATINALE

Une offre plus limitée que d’ordinaire cette semaine, mais au spectre esthétique très varié. Films engagé (Orlando, ma biographie politique), de vampire (En attendant la nuit), historique (Rendez-vous avec Pol Pot), comédie (La Petite Vadrouille) ou thriller (L’affaire Vinca Curie). De quoi satisfaire tous les goûts.

A ne pas manquer

« Orlando, ma biographie politique » : une adaptation personnelle de Virginia Woolf

Cela commence par un collage d’affiche, où apparaît cette question : « Orlando, où es-tu ? » Ils sont partout, les Orlando contemporains, queers, non binaires, répond le philosophe trans Paul B. Preciado, dans son premier long-métrage, œuvre inclassable, entre documentaire et adaptation du roman culte de Virginia Woolf (1882-1941), Orlando (1928) – le film a été créé et d’abord diffusé par la chaîne Arte, laquelle développe une programmation queer. Orlando suit l’itinérance (et aussi l’errance) d’un jeune poète et aristocrate anglais au XVIe siècle, qui traverse les ans et change de sexe – Orlando femme étant la transposition fantasmée de la romancière, poète et amante de Virginia Woolf, Vita Sackville-West (1892-1962).

On n’attendait pas moins de Preciado qu’il invente un ovni cinématographique en passant derrière la caméra avec cette adaptation documentaire d’un roman. Près d’un siècle après Orlando, il a embauché des acteurs non professionnels, trans, queers, pour donner vie à une multitude d’Orlando, dans une mise en scène ludique et politique, mêlant témoignages et voyage à travers le roman. Cl. F.

Film français de Paul B. Preciado. Avec Paul B. Preciado, Oscar S Miller, Janis Sahraoui, Liz Christin, Elios Lévy (1 h 38). Filmsdupoisson.com/orlando

« En attendant la nuit » : mordus au sang

Les Féral emménagent dans une ville de montagne avec leurs deux enfants, Philémon (Mathias Legoût Hammond), 17 ans, et sa petite sœur. C’est ici que la mère (Elodie Bouchez, remarquablement inquiète) a trouvé une place d’infirmière au centre communal de collecte de sang, où elle met son plan à exécution : voler des poches de sang pour son fils. Sa survie en dépend depuis que, nouveau-né, il a tété un sein sanguinolent. A moins qu’il ne l’ait croqué. Jusqu’à présent sa mère se débrouillait avec ses propres réserves biologiques, mais il faut reconnaître que se saigner pour son fils, depuis toutes ces années, l’a fatiguée.

La chronique familiale se double d’une histoire d’amour entre le pâlot et Camilla (Céleste Brunnquell, grand trésor du cinéma français), une adolescente qui ne rêve que de ténèbres tandis qu’il ne cherche que la lumière. On sent ici le point de fusion. Au-delà des séquences mirifiques que leur camaraderie occasionne dans un premier temps – Camilla en Lolita se prélassant sur un transat au bord de la piscine, quelques mètres devant Philémon, retenu sous l’ombre du toit de la maison, renvoyé malgré lui à la place du voyeur. On se passionne de les voir se rencontrer dans des clairs-obscurs qui investissent ce teen movie vampirique d’un érotisme pudique. M. Dl

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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