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Pause séries : « Cristobal Balenciaga », « The New Look », « Becoming Karl Lagerfeld », la mode ou la marque ?

CHRONIQUE

Cinq ans après sa mort, la riche existence de l’ancien directeur artistique de Chanel fait l’objet d’une des séries les plus attendues de ce premier trimestre. Après Cristobal Balenciaga et The New Look, Becoming Karl Lagerfeld, inspirée par le livre Kaiser Karl (Albin Michel, 2019), de Raphaëlle Bacqué (grande reporter au Monde), et mise en ligne vendredi 7 juin sur Disney +, est la queue de comète d’une salve de programmes plus ou moins réussis qui mettent en scène de grandes figures du « style français ».

Cristobal Balenciaga, production espagnole diffusée en début d’année sur la même plate-forme, rappelle qu’à l’origine de cette marque, aujourd’hui planétaire, il y a un couturier austère et appliqué, soucieux de ne jamais trahir ses idées. Avec son casting international et son usage maladroit de l’anglais, The New Look (sur Apple TV +) évoque, de son côté, la genèse de la silhouette qui popularisa Christian Dior et les accointances nazies de Gabrielle Chanel, dans une série fourre-tout où la couture tient un rôle finalement très secondaire. Pas découragée, la plate-forme persiste mais s’émancipe du réel et du passé : mise en production en 2023, la série La Maison dévoilera les coulisses d’une maison de couture fictive d’aujourd’hui.

Outre son réservoir à biopics – de Madame Grès à John Galliano, les personnages hauts en couleur ne manquent pas –, la mode est une matière visuellement riche, facilement exportable grâce à sa notoriété et son prestige. Films et séries flattent également les marques de luxe, dont les liens avec la production audiovisuelle s’approfondissent chaque année. Sous la houlette d’Anthony Vaccarello, Saint Laurent Productions a coproduit pas moins de trois longs-métrages présentés au Festival de Cannes, en mai. Plus discrète, Chanel a cofinancé la restauration titanesque du Napoléon (1927), d’Abel Gance. Dior a ainsi naturellement ouvert ses archives à la créatrice des costumes de The New Look.

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Il y a un précédent célèbre à ce type de collaboration : au milieu des années 2010, deux biopics sur Yves Saint Laurent sortent en salle. Le premier, intitulé Yves Saint Laurent et signé Jalil Lespert, bénéficiait de l’approbation de Pierre Bergé (1930-2017), héritier du couturier dont il fut le compagnon pendant plus de quarante ans. Rien de tel pour le Saint Laurent, de Bertrand Bonello, sorti quelques mois plus tard et dont on peut dire qu’il a placé la barre à une hauteur qu’aucun autre film ni série n’ont jusqu’ici atteinte. De là à dire que moins les marques s’en mêlent, meilleure est l’œuvre, il n’y a qu’un fil.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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