AccueilCultureQuatre voix protestataires aux Nuits de Fourvière, à Lyon

Quatre voix protestataires aux Nuits de Fourvière, à Lyon

Protest songs. Tombée en désuétude depuis que le rap a pris le relais de la chronique sociale, cette expression renvoie, dans sa version originale, à l’Amérique contestataire. Aux chants de lutte de Woody Guthrie (1912-1967) – dont la guitare était ornée de l’inscription : « Cette machine tue les fascistes » – pendant la Grande Dépression, au mouvement des droits civiques et à ceux opposés à la guerre du Vietnam, aux figures de Joan Baez et du jeune Bob Dylan. Elle a retrouvé de l’actualité, lundi 10 juin, dans le cadre du festival des Nuits de Fourvière, avec le programme à quatre voix présenté par Raphaële Lannadère, Jeanne Added, Sandra Nkaké et Camélia Jordana. Des chanteuses françaises toutes nées après ces batailles, entre 1973 et 1992.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Chanson : Raphaële Lannadère, un embrun de liberté

Parmi les spectateurs présents à l’Odéon antique de Lyon, certains se sont en effet réveillés avec une gueule de bois au lendemain des résultats des élections européennes, suivis de l’annonce par Emmanuel Macron de la dissolution de l’Assemblée nationale. L’un d’eux, aussitôt imité, prend même l’initiative de lancer un « Siamo tutti antifascisti » (« nous sommes tous des antifascistes »), classique cri de ralliement, rythmé aux mains, face à la menace de la Bête immonde.

Soirée a cappella

C’est en tout cas dans le ton d’une soirée où tout sera interprété a cappella, avec le renfort occasionnel de percussions corporelles (du claquement de doigts au martèlement de pieds). Sans instruments, à une exception près : quand Jeanne Added cingle les cordes de sa basse électrique pour lancer l’alerte d’A War is Coming, extrait de son premier album paru en 2015.

Egalement connue sous la seule lettre « L », sa consœur Raphaële Lannadère a eu l’idée de réunir les quatre amies autour d’un répertoire de combat, la première fois en avril 2017 à la Maison de la poésie à Paris. Depuis, elles se sont retrouvées de façon épisodique, quand les agendas de leurs tournées respectives le permettaient. Pour seulement trois dates cette année, avec désormais une scénographie minimaliste signée Phia Ménard : Cité de la musique à Paris au lendemain des Nuits de Fourvière, puis au Rocher de Palmer à Cenon (Gironde) le 18 juin. Les quatre ont joint le geste à la parole en reversant leurs cachets à l’association marseillaise SOS Méditerranée secourant des migrants en mer, dont l’action est célébrée au terme du tour de chant. Une bénévole de l’ONG sera la seule, au cours de la soirée, à glisser une allusion à la situation politique en France : « Ce soir, je crois qu’on a besoin d’être ensemble, de se tenir chaud », dira-t-elle.

Il vous reste 48.99% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source du contenu: www.lemonde.fr

dernières nouvelles

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici