AccueilCultureSur scène, la mannequin Lily McMenamy décline sa vie en dix-sept avatars

Sur scène, la mannequin Lily McMenamy décline sa vie en dix-sept avatars

Le visage rappelle celui de l’actrice Nastassja Kinski dans Paris, Texas. Même jeunesse qui semble consciente, désabusée même, du temps qui passe, que chez l’héroïne du film de Wim Wenders. Même regard un peu perdu. Même timidité. Mais, quand Lily McMenamy commence à parler, c’est tout son corps qui s’anime. Les traits deviennent incroyablement expressifs, les longs bras minces s’agitent. Et, alors qu’on l’interviewe ce jour de janvier sur son parcours, ce qui la stimule, voilà qu’elle parsème son récit d’imitations : individu rencontré la veille, vieille connaissance…

Des personnages, elle en incarnera dix-sept à la Bourse de commerce, à Paris, qui l’invite à jouer le seule-en-scène A Hole Is a Hole, dans le cadre du programme de concerts et de performances faisant écho à la vaste rétrospective consacrée à l’artiste américain Mike Kelley. Et Lily McMenamy, 29 ans, se démultipliera sur scène, passant d’un personnage à un autre avec une rapidité prodigieuse. « Ce sont différentes versions de moi-même. »

Les avatars de A Hole is a Hole, dont elle a écrit le scénario et conçu la scénographie, forment le récit de sa vie. Une vie pas comme les autres. Des parents, d’abord. Lily McMenamy est la fille de Hubert Boukobza et de Kristen McMenamy. Le premier, né en 1950 et mort en 2018, a été l’une des grandes figures du monde de la nuit parisienne. Personnage épicurien, haut en couleur, homme d’affaires, il a possédé des restaurants et surtout géré les Bains Douches, à Paris, boîte de nuit dont il fera un hub où se croiseront célébrités françaises, stars hollywoodiennes, personnalités de la mode.

L’Américaine Kristen McMenamy, elle, est mannequin, parmi les plus respectés du milieu pour avoir notamment travaillé dans les années 1980 et 1990 avec quelques-uns des plus grands photographes, de Steven Meisel à Paolo Roversi, en passant par Peter Lindbergh et Juergen Teller. Tout cela a marqué A Hole is a Hole. Ainsi, dans ces dix-sept personnages, il y a le père, écrasant (d’amour, d’excès), mais aussi une videuse de boîte de nuit, personnage gouailleur comme l’était Edwige, physionomiste du Palace, surnommée « la reine des punks ».

Une poupée détraquée

Combien d’enfants ayant grandi sur les banquettes de boîtes de nuit ou dans les backstage des salles de spectacle ont tout fait pour fuir cet environnement ? Combien se sont rangés des voitures dont ils avaient été, trop tôt, les passagers ? Lily McMenamy a passé une enfance plutôt calme, avec sa mère, à Londres. Elle se souvient avec émotion des « virgin mojitos » sirotés au bar des établissements de son père, ou des gardes du corps chargés par ce dernier de la surveiller dans ses boîtes de nuit quand elle venait en vacances à Paris.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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