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« The Girls on the Bus », sur Max : quatre femmes et une primaire démocrate, la série politique se féminise

MAX – À LA DEMANDE – SÉRIE

En 1973, Timothy Crouse publiait The Boys on the Bus (Random House, rééd. 2003, non traduit), un essai dévoilant les coulisses du travail d’un groupe de journalistes suivant la campagne électorale pour la présidentielle américaine de 1972. Cinquante ans plus tard, The Girls on the Bus prend acte de la féminisation de la profession et en propose une version girly pétillante, qui n’empêche pas la série de prendre son sujet au sérieux.

Développée par Amy Chozick à partir de sa propre expérience de journaliste « embarquée » auprès de Hillary Clinton, deux fois candidate, la série se déroule sur les sept mois qui séparent le caucus de l’Iowa de la nomination du finaliste, à travers le regard de quatre reporters ayant pris place dans le bus réservé à la presse, pour suivre les différentes étapes de la primaire.

Sadie (Melissa Benoist, ex-Supergirl) est au purgatoire professionnel après avoir commis plusieurs impairs lors d’une précédente campagne. Biberonnée aux Hommes du président et fan de journalisme « gonzo », elle vient tout juste de regagner la confiance de son rédacteur en chef. Sa vieille amie Grace (Carla Gugino) est une vétérane, froide et pugnace, qui fait passer son job avant sa famille. Kimberlyn (Christina Elmore), caution noire d’une chaîne d’information conservatrice, a du mal à faire son trou. Lola (Natasha Behnam), influenceuse de son état, souffre quant à elle d’un grave déficit de crédibilité auprès de ses consœurs.

Voies secondaires

Ce petit monde est croqué avec un souci de véracité substantiel, malgré la solennité de certaines tirades sur la grandeur du journalisme, qui masquent mal la réalité d’un secteur sinistré.

Au-delà du portrait, forcément romantique, d’une profession qui fait peut-être encore un peu rêver, The Girls on the Bus se donne surtout pour mission de chercher ce que peut faire la presse face aux polarisations idéologiques de la société américaine. Car, du côté des politiques, c’est presque perdu. La série dresse un tableau effrayant des tenants du pouvoir, « cancelled », vieux, corrompus, inexpérimentés, et elle n’a pas grand-chose à opposer à la médiocrité du débat.

Essentiellement concentré sur ce qui se passe dans le bus, les chambres d’hôtel et les salles de rédaction, le récit prend des voies secondaires pour évoquer des sujets majeurs (l’avortement, les menaces sur la liberté de la presse…) et tricote une vaste affaire de financement occulte pour donner de l’agentivité à ses personnages et les poser comme remparts contre la désintégration de la démocratie.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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