AccueilÉconomieDans l’Italie de Giorgia Meloni, la tentation du nucléaire

Dans l’Italie de Giorgia Meloni, la tentation du nucléaire

L’Italie veut renouer avec l’atome une fois pour toutes. « Nous sommes convaincus que, compte tenu de la demande et dans l’optique de la décarbonation, nous ne pouvons pas faire à l’avenir sans une part de nucléaire dans notre production d’énergie », explique au Monde le ministre italien de l’environnement et de la sécurité énergétique, Gilberto Pichetto Fratin. Après avoir été à l’avant-garde du nucléaire, l’Italie l’a abandonné à la suite de la catastrophe de Tchernobyl, en 1986. Depuis, le retour à l’atome est un thème récurrent. Il est revenu sur le devant de la scène avec l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 et les défis qu’elle a posés en matière d’autonomie énergétique.

Dans un pays qui dépendait de Moscou pour 40 % de ses réserves en gaz – principale composante du « mix » italien –, la question des approvisionnements en énergie a ouvert un nouveau débat sur le nucléaire et, cette fois, le gouvernement d’extrême droite et de droite de la présidente du conseil, Giorgia Meloni, semble déterminé à aller de l’avant en dépit des échéances de très long terme et d’une opinion publique rétive.

Pour Rome, il s’agit de retrouver un héritage mis de côté pendant quatre décennies. La patrie du physicien Enrico Fermi (1901-1954), pionnier de l’atome, a construit sa première centrale en 1963 et a été un temps le troisième producteur d’énergie nucléaire derrière les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Après une impulsion dans les années 1970 et une intensification des efforts visant à construire de nouvelles centrales, en coopération avec la France et l’Allemagne, les artisans du nucléaire transalpins ont dû faire face à l’influence croissante d’un mouvement d’opinion défavorable, de mobilisations nationales en résistances locales.

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Le désastre de Tchernobyl a eu, par la suite, raison de la filière, avec la tenue, en 1987, d’un référendum abrogatif au cours duquel 80,6 % des votants se sont exprimés contre la poursuite de la production d’énergie nucléaire. A la fin des années 2000, les ambitions déjà abouties d’un gouvernement mené par Silvio Berlusconi, très favorable à une réintroduction du nucléaire, se sont brisées sur les effets dans l’opinion d’une nouvelle catastrophe, celle de Fukushima, au Japon. Un deuxième référendum, en 2011, a alors confirmé l’issue du précédent et la renonciation de l’Italie à l’atome.

Efforts sur les petits réacteurs modulaires

« Avec la nécessaire sortie des énergies fossiles, le besoin de soutien aux énergies renouvelables intermittentes que sont le solaire et l’éolien et à des fins de sécurité énergétique, en lien avec le contexte géopolitique, le nucléaire doit être considéré comme une solution », juge M. Fratin. Après un vote du Parlement en ce sens, une plate-forme nationale sur le nucléaire soutenable a été montée par son ministère en septembre 2023. Elle doit livrer à l’automne ses premières conclusions sur les perspectives qui se présentent à l’Italie.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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