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Afrique économie – Apiculture au Congo-Brazzaville: une miellerie chinoise pour booster la production [1/2]

Grâce à un partenariat avec la Chine, la principale coopérative apicole du Congo-Brazzaville, dénommée « ya Diyi », a pu bénéficier d’une miellerie moderne, permettant de produire jusqu’à 13 tonnes de miel par mois. Une façon d’encourager la diversification des activités économiques. Même si un prélèvement plus intensif du miel pose des questions sur le plan environnemental.

De notre correspondant à Brazzaville,

La miellerie financée par la Chine est disposée en pièces détachées dans la cour de la mairie du quatrième arrondissement de Pointe-Noire. Raymond Massouema, le permanent de la coopérative Ya Diyi, inspecte la machine qui permettra bientôt d’accroître considérablement la production – qui va passer de 2 tonnes par an à 13 tonnes par mois. « Avec cette unité, les choses vont certainement changer, parce que nous aurons la possibilité d’aller vers d’autres apiculteurs qui travaillent en vase clos, de récolter leur miel et de l’acheter. Ce don va booster nos efforts. Il nous manquait beaucoup », analyse M. Massouema.

 « Ya Diyi » dispose de plus 2 000 ruches piégées à travers le Congo. Désormais, la coopérative ambitionne non seulement de devenir exportatrice de miel sur le continent africain, elle pourrait contribuer à la diversification de l’économie nationale. « C’est ce qu’on appelle le développement durable, assure Justin Goma Gabou, le promoteur de la coopérative. Tant qu’il y aura des arbres et des fleurs, il y aura toujours du miel. Par contre, le jour où le prix du pétrole baisse, c’est la catastrophe qui arrive. On n’a plus rien, on ne sait plus où aller pour trouver de l’argent afin de réaliser le budget. »

Diversification économique 

Un avis totalement partagé par Apollinaire Molébé, maire sortant du quatrième arrondissement de Pointe-Noire : « C’est tout à fait normal. Moi, je crois qu’on ne peut pas se focaliser seulement sur le pétrole. Il nous faut évidemment d’autres activités économiques, afin de booster le PIB national », déclare-t-il.

Un argument également avancé par l’ambassadrice de Chine au Congo, alors que son pays a décidé de débloquer des financements pour l’apiculture, un secteur jugé prometteur. « Aujourd’hui, l’apiculture est devenue une composante importante dans la diversification économique du Congo », a soutenu la diplomate chinoise dans son discours de remise de la miellerie. 

Mais Maixent Animba Emeka, du Forum pour la gouvernance et les droits de l’homme (FGDH), voit dans cette accélération de la production une potentielle menace pour les revenus des minorités. « Le miel est l’une des premières sources de protéines pour les peuples autochtones et l’une des sources économiques pour eux. Mais, ils l’exploitent de façon rationnelle, par quantités raisonnables et soutenables. Mais, lorsque vous venez faire des systèmes de récolte industrielle, vous pouvez créer la rareté dans la forêt : et donc toucher les moyens de subsistance des peuples autochtones et renforcer leur pauvreté », prévient-il.

Pour lui, l’industrialisation du secteur doit être rationnalisée, afin de ne pas menacer les réserves naturelles de miel.

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Source du contenu: www.rfi.fr

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