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Afrique économie – Cacao ivoirien: les coopératives, maillon central des nouvelles normes européennes

Premier fournisseur de cacao de l’Union européenne, la Côte d’Ivoire doit se mettre en conformité avec les nouvelles normes européennes contre la déforestation et pour des conditions de travail acceptables pour les producteurs, qui vont entrer en vigueur en janvier prochain. Les coopératives se retrouvent en première ligne.

De notre envoyée spéciale à San Pedro,

« Nous sommes ici et nos plantations sont autour de Blaou, en bleu ». Brahima Niampa pointe sur son ordinateur une carte géographique où les planteurs sont répertoriés. « Voici la forêt classée où la réserve de Rapide Grah commence. Donc, on peut connaître la distance qui sépare le dernier champ et Rapide Grah. C’est le premier élément que nous utilisons ici pour être sûr que nos producteurs ne se retrouvent pas dans une aire protégée. »

Compter les cabosses et géolocaliser les producteurs

Les coopératives sont de fait au centre du dispositif de traçabilité du cacao. Elles ont dans leur cahier des charges la géolocalisation du producteur et le suivi de sa production pour éviter l’agrégation de cacao non certifié. « Nous connaissons la superficie de sa plantation et nous savons aussi qu’il y a un rendement au niveau national. Et puis nos techniciens vont sur le terrain. Ils calculent le nombre de cabosses sur les pieds. Ils essaient d’évaluer chaque année le potentiel de livraison de chaque champ. Donc chaque fois que le producteur fait des livraisons, on essaie de suivre et on s’assure qu’il ne prend pas d’autre cacao pour mettre dans sa production. »

La coopérative collecte et stocke le cacao des petits producteurs. Elle doit également s’assurer du respect des critères de durabilité dans la production, puis assure la livraison du cacao dit durable auprès des industriels, étapes stratégiques dans la traçabilité des fèves. « Si on n’a pas de traçabilité sur les produits, on ne pourra pas les vendre, assure Florence Kouakou, responsable d’une autre coopérative, qui affirme respecter les normes. Aujourd’hui, le plus gros marché de cacao au monde, c’est l’Europe, donc on est obligé de s’y conformer. Moi, je pense qu’être dans la tricherie, ce n’est pas ça qui va favoriser les choses. Parce qu’à un moment, celui qui achète le cacao viendra sur le terrain vérifier. »

Des questions sur la traçabilité

Des audits sont effectués, ils mettent en avant les coopératives. Mais l’intégrité de certaines est questionnable, estime un spécialiste du secteur. La grande boucle du cacao, vieillissante, produirait toujours 400 000 tonnes. « C’est difficile à démontrer, reconnaît François Ruf, ancien chercheur du Cirad. Mais de nos observations, il est clair qu’il y a une partie de ces 400 000 tonnes qui vient des nouvelles boucles du cacao, là où les nouvelles plantations se sont créées, en particulier dans la région de Man. Vous vous mettez près de certaines coopératives la nuit, et vous voyez les camions arriver et les déchargements opérer. »

À l’initiative du Conseil Café Cacao, la géolocalisation des planteurs, la distribution des cartes d’identification et la formation à l’usage des logiciels sont encore en cours pour rentrer dans les clous des nouvelles normes européennes.

Source du contenu: www.rfi.fr

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