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Afrique économie – Côte d’Ivoire: moins de travail et plus de précarité pour les dockers de San Pedro

En Côte d’Ivoire, sous l’effet d’une conjoncture défavorable, les représentants des dockers de San Pedro affirment que le travail manque au port pour les 1 062 dockers, dont près de 90 % sont journaliers. La mauvaise récolte de cacao conjuguée à la hausse de sa transformation localement prive les « sachetiers » de travail et aggravent les difficultés quotidiennes.

De notre envoyé spécial à San Pedro,

Les dockers affectés à la « sacherie », le transport des sacs de fèves de cacao dans le jargon, s’octroient quelques minutes de pause à la sortie de l’entrepôt autour d’un point d’eau. Ils travaillent dans une chaleur étouffante, portant à bout de bras des sacs de 50 kilos pour les empiler dans un container.

En sueur, ils sont trempés de la tête au pied. En plus de la pénibilité du travail, il faut désormais compter avec les jours chômés non volontaires. « On ne travaille pas assez. On vient ici, on gagne un temps, témoigne ce docker. Les jours où il n’y a rien, ils disent qu’il faut rentrer à la maison. Alors, tu ne sais pas où aller, il n’y a pas assez de travail. »

Des heures d’attente, pas de travail garanti

Un peu plus loin, de nombreux dockers patientent au quartier général. Chaque matin, ces travailleurs du port doivent attendre d’entendre leur nom, pour savoir s’ils pourront embaucher. « Le matin, c’est ici. Les dockers se regroupent et on fait la désignation ici, nous explique un travailleur du port. Toutes ces personnes sont en attente de travail. À 17h30, il va y avoir un classement du soir. On affecte encore d’autres vagues qui vont commencer à 19h00 jusqu’à 7h00. »

Julien et Ibo, dockers depuis plus de 25 ans, patientent en jouant aux dames sous un arbre. « Avant, on travaillait facilement, cette année la traite a baissé, décrit le premier. Pour avoir du travail, c’est difficile. La cherté du pays est difficile aussi. » Même se loger est devenu compliqué, rajoute le second : « Quand tu dis que tu es docker en ville et que tu veux une maison, on te refuse parce qu’on sait que c’est un travail temporaire. » Et le premier de conclure : « Le problème, c’est que depuis que les transformations ont commencé, il n’y a plus de “sacherie”, on devait s’attendre à ça. »

Garantir des postes permanents

Si les chiffres ne sont pas encore connus avec exactitude, la Côte d’Ivoire pourrait voir sa production de cacao chuter de 30 à 40 % pour la grande campagne 2023/2024. Moins de fèves signifie moins de travail pour les dockers. À cela s’ajoute la hausse de la transformation locale : le nombre de sacs de fèves brutes à charger dans les containers a considérablement diminué. Pour pallier le problème de l’insécurité de l’emploi pour les dockers, Koffi Louis, secrétaire général du syndicat majoritaire, le SynDUSSP, demande à ce que le décret présidentiel du 30 janvier 2019 soit appliqué. 

« Nous souhaitons que la quasi-totalité des dockers soient des permanents, revendique le syndicaliste. Ce qui leur donnerait droit à un salaire, même quand nous sommes en baisse d’activité. Et donc nous nous souhaitons que le décret s’applique intégralement, et surtout que l’informatisation du hall parte jusqu’à son terme, pour voir l’ensemble des dockers avoir un poste garanti. » 

Le décret prévoit en théorie qu’un docker ayant exercé consécutivement cinq années au port soit automatiquement considéré comme employé permanent. Aujourd’hui, en raison de la précarité de l’emploi, la grande majorité des dockers ne touche pas le salaire minimum garanti.

Source du contenu: www.rfi.fr

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