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Aujourd’hui l’économie – Comment faire décoller le marché français de l’hydrogène vert?

À l’occasion du Salon de l’hydrogène qui ouvre ce mardi 30 janvier à Paris, la France présente ce matin le bilan 2023 de sa filière encore en construction. L’engouement pour cette énergie du futur est toujours là, mais il bute sur les réalités du marché.

L’hydrogène, à condition qu’il soit vert, est souvent présenté comme un substitut idéal aux hydrocarbures. Pour servir de matière première aux industries qui en consomment beaucoup comme la chimie. Mais aussi comme source d’énergie, c’est un carburant d’avenir pour les avions et les bateaux. Il suffit d’avoir de l’eau et de l’électricité pour le fabriquer par électrolyse. Un procédé a priori à la portée de tous les pays bien dotés en électricité verte afin qu’il soit décarboné. Avec son électricité nucléaire, la France dispose d’un avantage pour produire de l’hydrogène (dit jaune ou violet selon les nomenclatures), elle a donc choisi en 2020 de bâtir une filière complète, en fabriquant sur son territoire les électrolyseurs tout comme les rechargeurs. L’État a mis 9 milliards d’euros sur la table, un effort comparable à celui du voisin allemand.

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Malgré cette mobilisation générale, la production actuelle est encore très loin des ambitions affichées

L’objectif est de produire 6 500 mégawattheures en 2030 grâce à l’hydrogène bas-carbone. Cela correspond environ à un dixième de la production actuelle de l’électricité nucléaire. Or, d’après les chiffres présentés au salon Hydrolution, pour le moment, les capacités réelles sont beaucoup plus faibles, de l’ordre de 30 MWH. 300 si on prend en compte les projets en cours ou déjà financés. Aucun gros projet n’a été annoncé pour cette année. Des investisseurs en ont même annulé certains. Dans cette configuration, on voit mal comment la filière réussira à construire les 95% manquants dans les six prochaines années.

Comment expliquer cet essoufflement 

L’euphorie est retombée faute de débouchés suffisants. Les clients visés sont rebutés par le prix. Car l’hydrogène vert est encore trois fois plus cher que l’hydrogène conventionnel. L’électricité constitue les trois quarts des coûts de fabrication. Pour être plus compétitif, les producteurs ont donc besoin d’une électricité bon marché. Or pour le moment, le courant vendu par EDF, à 70 euros le MWH, est trop cher. Pour obtenir un meilleur prix, ils espèrent signer des contrats de long terme avec le fournisseur français, une option qui ne s’est pas encore concrétisée.  Vu le faible appétit des clients français, l’exportation pourrait permettre l’essor de la production. À condition que les infrastructures manquantes soient construites. Car initialement la filière française a été pensée pour être autonome.

Les pays les plus avancés en production d’hydrogène

Une quarantaine de pays ont établi une stratégie nationale. Dont l’Allemagne et les Pays-Bas orientés vers le commerce international. L’Union européenne, le Japon, l’Inde, les États-Unis, la Chine, sont les plus avancés. Tous ces pays soutiennent activement leur filière. Ce qui fera la différence sera le niveau de subvention accordée non seulement au producteur, mais aussi au client final pour rendre plus attractive cette source d’énergie aujourd’hui plus chère que les hydrocarbures.

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Source du contenu: www.rfi.fr

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