AccueilÉconomieAujourd'hui l'économie - Comment répondre aux angoisses de la classe moyenne française?

Aujourd’hui l’économie – Comment répondre aux angoisses de la classe moyenne française?

En France, le gouvernement a promis d’alléger les difficultés de la classe moyenne avec une baisse massive des impôts. Cela suffira-t-il à réconforter cet électorat revenu au centre des préoccupations du président de la République ? Pas sûr, selon la note de l’institut Montaigne publiée cette semaine.

Cette étude de l’institut Montaigne (un think tank d’inspiration libérale), cherche à mieux cerner cette catégorie volontiers citée, mais dont la définition demeure floue. Pour son autrice, Lisa Thomas-Darbois, le plus petit dénominateur commun à ses membres reste le revenu. La classe moyenne englobe donc les Français qui se rapprochent le plus du revenu médian avant impôt, qui est aujourd’hui de 2 260 euros.

Ceux qui gagnent entre 1 440 et 3 100 euros appartiennent à la classe moyenne. Cela concerne un large éventail : la moitié des Français de plus de 15 ans. Vingt pour cent sont plus riches et 30% plus pauvres. Mais si on sonde les Français, c’est beaucoup plus : 63% s’identifient à cette catégorie. En faire partie, c’est être doté de ce statut social censé assurer l’avenir. Une promesse de plus en plus difficile à tenir. Les membres de la classe moyenne sont hantés par la peur du déclassement.

Baisse du pouvoir d’achat

La classe moyenne française, « c’est la France de l’angle mort », selon le président Macron. Des Français, a-t-il précisé lors de ses vœux, « qui gagnent trop pour être aidés et qui ne sont pas assez riches pour bien vivre ». L’étude le confirme. Ces Français contribuent largement aux recettes fiscales, à hauteur de 100 milliards d’euros, sans avoir le retour de l’État protecteur. Les ménages de la classe moyenne ont, par exemple, souffert de l’inflation sans bénéficier des boucliers mis en place par le gouvernement.

Appartenir à la classe moyenne, c’est aussi disposer d’un capital financier, immobilier, culturel qui fait défaut aux catégories les plus pauvres. Or, cet avantage est en train de s’éroder, souligne l’institut Montaigne. Le pouvoir d’achat immobilier a baissé de 50% par rapport à la fin du XXe siècle. Et pour assurer aux enfants un avenir meilleur ou au moins équivalent à celui d’un membre de la classe moyenne, il faut dépenser toujours plus. En logement si on cherche à avoir accès à une bonne école ou en frais de scolarité si l’option retenue est de recourir au privé.

Allègement d’impôt

Le cadeau fiscal promis par le président va-t-il soulager ces ménages ? Les deux milliards d’allègement d’impôt annoncé pour 2025, c’est beaucoup pour l’État. Ramené aux dizaines de millions de contribuables qui peuvent y prétendre, ce ne sera plus que quelques centaines d’euros, pas de quoi changer la vie. Pour restaurer le contrat moral entre cette classe moyenne et l’État, ce n’est pas forcément sur le revenu qu’il faut agir, mais sur les points névralgiques de la crise, préconise l’institut Montaigne. Comme le logement avec l’accession à la propriété devenue hors de portée depuis l’envolée des taux d’intérêt. L’école ou encore les aides à la transition énergétique qui échappent à cette catégorie. Le Premier ministre Gabriel Attal précisera les pistes qu’il envisage pour reconquérir cette population. Souvent qualifiée de ventre mou de la société, la classe moyenne est aussi historiquement un groupe moteur pour l’adhésion aux valeurs de la société.

Source du contenu: www.rfi.fr

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