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Aujourd’hui l’économie – Élections au Pakistan sur fond de dépression économique

Les Pakistanais sont appelés aux urnes demain, jeudi 8 février, pour élire un nouveau Parlement. Des électeurs sceptiques sur la capacité du futur gouvernement à résoudre la crise économique dont ils souffrent de plus en plus.

70% des Pakistanais estiment que l’économie s’est détériorée, selon la dernière enquête de l’institut Gallup. En dix-huit ans de sondages, jamais le pessimisme n’a atteint un tel pic, affirme l’institut. 60% des sondés disent que leur situation personnelle s’est dégradée. L’essence vient d’augmenter et la facture d’électricité devrait s’envoler au lendemain des élections. Le chômage et l’inflation sont en forte hausse. Le pays n’a pas encore digéré la facture de la catastrophe climatique de 2022. Cette mousson hors norme a provoqué des inondations meurtrières, dévastatrices pour les récoltes agricoles, notamment pour le coton qui alimente l’industrie textile, la principale source des exportations. Destructrice aussi pour les routes, les centrales, les maisons, toutes les infrastructures vitales pour les habitants. La légère amélioration macro-économique notée par le FMI au cours du second semestre 2023 n’est pas encore ressentie par la population.

Quatre Pakistanais sur dix vivent en dessous du seuil de pauvreté

L’État n’est pas vraiment en mesure de leur porter secours puisqu’il est lui-même en détresse financière. Après avoir échappé de justesse au défaut de paiement en 2023, grâce à un prêt du FMI, il est à nouveau aux abois. Il n’y a plus que 8 milliards de dollars dans les réserves de devises, alors qu’il faudra rembourser 24 milliards aux créanciers étrangers, notamment à la Chine, le premier bailleur du pays, d’ici le mois de juin. Le vainqueur des élections aura donc une mission urgente : demander une nouvelle rallonge au FMI. Le fonds qui est déjà venu 23 fois à l’aide du Pakistan depuis son indépendance va bien sûr exiger des réformes en échange. Sur la collecte de l’impôt par exemple, c’est l’une des plus faibles au monde. En bref, des mesures qui dans l’immédiat risquent d’aggraver les difficultés du quotidien. C’est à cause de la libéralisation des changes imposée par le Fonds en 2023 que la monnaie s’est effondrée et que l’inflation a bondi à 30%.

Des promesses de campagne démagogiques

Les deux principaux candidats ne sont pas très convaincants dans leur réponse à la crise économique. Ils se contentent de multiplier les vœux pieux. Nawaz Sharif promet de relancer des grands chantiers. Une raffinerie financée par l’Arabie saoudite et un nouveau chemin de fer construit par la Chine. Il veut aussi doubler les exportations et les transferts de la diaspora. Sans jamais expliquer comment il va s’y prendre pour y parvenir. Idem pour son rival, Bilawal Bhutto Zardari, le fils de Benazir Bhutto, l’ancienne Première ministre assassinée en 2007. Il promet de doubler le revenu des Pakistanais dans les cinq prochaines années. Pas vraiment de traces dans ces discours de campagne sur des projets de réformes structurelles nécessaires pour réveiller la croissance. Les grandes familles qui règnent sur la vie politique pakistanaise sont concentrées sur la conquête du pouvoir. Une lutte sans fin qui fragilise le redressement de l’économie.

Source du contenu: www.rfi.fr

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