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Aujourd’hui l’économie – Élections européennes: pourquoi la voiture électrique est devenue un enjeu de la campagne?

Les élections européennes auront lieu dimanche 9 juin prochain. La voiture électrique s’est invitée dans les débats. En 2035, les véhicules neufs à moteur thermique ne pourront plus être vendus dans l’UE. Mais plusieurs listes en lice notamment de droite et d’extrême droite veulent abroger cette décision. Cette question est même devenue pour elles un argument de campagne. Ces positions inquiètent l’industrie automobile européenne. 

D’après les ventes d’avril, chiffres publiés par l’Association des constructeurs européens d’automobiles, les voitures électriques sont en troisième position, avec 12% des parts du marché, derrière les moteurs à essence, 36 %, et les véhicules hybrides, en forte progression à 29%. Si les clients restent encore frileux, les industriels ont clairement mis le cap sur la transition. Ils ont beaucoup investi dans cette course à la décarbonation et demandent aux politiques de ne pas changer les règles. Un revirement européen ruinerait leurs efforts, disent-ils.

Les marques chinoises ont une longueur d’avance

D’autant que les fabricants chinois ont une longueur d’avance, y compris au niveau des prix, qui sont très bas côté chinois. Même fabriquée en Europe, une auto électrique chinoise est 25% moins chère que sa concurrente européenne. Face à l’offensive des marques chinoises, l’UE s’apprête à taxer ces importations. Accusant Pékin de doper illégalement ses constructeurs sur le marché européen grâce à des prix maintenus artificiellement bas, Bruxelles a ouvert une enquête anti-subventions. Celle-ci devrait aboutir d’ici juillet prochain à l’augmentation des droits de douane à 30%, contre 10% actuellement. La Chine, elle, dénonce une démarche protectionniste. Toutefois, même avec ces restrictions, les marques chinoises devraient rester compétitives. Et ce notamment en raison de temps de fabrication : BYD, l’une des marques électriques chinoises les plus vendues en Europe, se targue de produire sa voiture en cinq heures seulement, alors qu’il faut dix heures à Renault pour produire sa toute nouvelle R5 dont la fabrication débute dans le nord de la France.

Quel avenir pour les marques européennes ?

Les acteurs de la filière européenne, loin de vouloir faire machine arrière, réclament même « pacte européen de l’automobile ». Il comprendrait un soutien commun aux grands projets industriels, à l’innovation, notamment en ce qui concerne les composants de batteries et le traitement des matériaux critiques. Mais aussi une politique de primes à l’achat, mieux coordonnées au niveau européen. Et pourquoi pas des aides écologiques conditionnées sur le lieu de production. Actuellement, 8% des voitures électriques vendues en Europe sont chinoises et cela devrait passer à 15% en 2025. Quand les partis de droite et d’extrême droite estiment que l’interdiction des ventes de véhicules thermiques en 2035 est un cadeau fait aux industriels chinois et qu’il nuit au pouvoir d’achat des Européens, les constructeurs européens assurent, au contraire, que stopper le processus ne ferait que les pénaliser davantage dans la compétition mondiale à laquelle ils sont soumis.

Source du contenu: www.rfi.fr

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