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Aujourd’hui l’économie – Pourquoi l’inflation persiste en Turquie?

En Turquie, l’inflation est repartie à la hausse en janvier malgré une politique hyper restrictive menée par la banque centrale depuis six mois. Après la démission surprise de sa gouverneure, annoncée à la veille du week-end, son successeur devrait poursuivre la stratégie adoptée après la réélection de Recep Erdogan.

Dans cette Turquie qui panse encore les plaies causées par le tremblement de terre, il y a tout juste un an aujourd’hui, l’inflation est une calamité. Selon un récent sondage, 64% de la population estime que c’est le problème le plus urgent à régler, vient ensuite le chômage, considéré comme préoccupant par seulement 6% de l’échantillon. Pourtant, Hafize Erkan, la jeune gouverneure de la banque centrale nommée au lendemain de la réélection de Recep Erdogan, a vivement resserré les vannes du crédit. Le taux directeur a été multiplié par cinq en l’espace de six mois, passant de 8,5% à 45%. L’inflation a ralenti à partir de septembre mais, ce mois-ci, elle a repris son élan. Sur l’année, elle frôle les 65%. Fatih Karahan, le successeur de Hafize Erkan, a donc de bonnes raisons de persévérer dans cette ligne dure. 

Le pouvoir d’achat sacrifié

Avec l’Argentine, la Turquie est le seul pays de l’OCDE où l’inflation demeure indomptable. Le président Erdogan y est pour beaucoup. Avant sa réélection, il a imposé à la banque centrale le maintien des taux d’intérêt au niveau le plus bas possible pour soutenir l’activité. Il y a eu certes de la croissance en Turquie, mais les ménages l’ont payée au prix fort. Leur pouvoir d’achat s’est effondré. Se nourrir, se déplacer, se soigner est hors de prix. C’est encore plus vrai pour le logement. Les loyers ont plus que doublé deux années consécutives. Le tremblement de terre qui a détruit des milliers d’habitations a aggravé les tensions du marché immobilier.

Le coût exorbitant du logement

Même l’ex-gouverneure de la banque centrale s’est plainte de ces loyers exorbitants. Cette ancienne économiste de Goldman Sachs a vécu vingt ans aux États-Unis, elle fait partie de la classe aisée de la population. Et pourtant, elle raconte à la presse qu’elle a dû retourner vivre chez ses parents, faute d’avoir trouvé un logement à un loyer abordable. Un témoignage qui fait jaser sur les réseaux. Car la majorité des Turcs gagnent le salaire minimum ou à peine 20% de plus. Cet aveu lui a sans doute fait perdre la confiance du palais. À deux mois des élections municipales, le président Erdogan n’a pas trop envie qu’on parle des sujets qui fâchent.

Le coup de pouce au salaire minimum

Pour soulager les ménages, une nouvelle hausse du salaire minimum est entrée en vigueur en janvier : +49%. Le Smic est maintenant à 517 dollars. Un coup de pouce salutaire sur le plan social. Mais délicat à gérer pour les responsables de la politique monétaire car il nourrit l’inflation. Avant le scrutin du mois de mars, d’autres dépenses publiques pourraient souffler sur la braise. L’inflation devrait culminer à 70% dans les prochains mois avant d’entamer son repli, promet le ministre des Finances. L’objectif est toujours de la ramener à 36% à la fin de l’année.

Source du contenu: www.rfi.fr

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