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Chronique des matières premières – Crise en mer Rouge: l’orange égyptienne privée de ses débouchés asiatiques

Depuis la crise en mer Rouge, l’Égypte cherche à augmenter ses ventes d’oranges en Europe, faute de pouvoir écouler ses fruits en Asie. Une concurrence qui risque de faire mal aux producteurs espagnols.

L’Égypte a exporté l’année dernière près d’un quart de ses oranges de table en Asie via le canal de Suez, soit 330 à 350 000 tonnes de fruits. Mais aujourd’hui, le pays qui entre dans le gros de sa campagne d’exportation, avec une récolte en hausse de 17% selon les prévisions publiées par le numéro de novembre-décembre 2023 du journal FruiTrop, se retrouve dans l’impossibilité d’honorer ses clients asiatiques et cherche d’autres acheteurs. Tout naturellement, les exportateurs égyptiens se sont tournés vers l’Europe, un marché qu’ils connaissent bien puisqu’ils y expédient en temps normal un tiers de leurs volumes.

Ces oranges qui ont poussé sous le soleil d’Égypte entrent sur le sol communautaire avec un atout de taille : leur prix imbattable entre 50 et 70 centimes le kilo – prix de vente de l’importateur à la grande distribution –, soit deux fois moins qu’un kilo d’oranges espagnoles. Un tarif rendu possible notamment par des droits de douane nuls sur les premières 680 000 tonnes exportées, selon un expert de la filière.

Coup dur pour les producteurs espagnols

Sans la crise en mer Rouge, l’orange égyptienne aurait dans tous les cas gagné des parts marchés cette année : cela fait deux ans que la production espagnole est défaillante et la dernière récolte s’annonce encore plus « modeste que celle déjà limitée de l’année précédente », explique FruiTrop.

L’année dernière, la sècheresse en Espagne avait déjà permis à l’Égypte de quasiment doubler ses exportations vers l’Europe. Les tensions géopolitiques actuelles, qui affectent le transport via le canal de Suez, ne devraient donc que renforcer la tendance, pour le grand malheur des producteurs espagnols.

Cette année, leur récolte pourrait baisser de 21%, d’où leur exigence particulière sur les prix, pour compenser les volumes d’agrumes qu’ils n’auront pas. Une exigence contrariée désormais par l’afflux attendu d’oranges d’Égypte vendues à un prix défiant toute concurrence. 

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Source du contenu: www.rfi.fr

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