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Chronique des matières premières – L’avenir du géant du diamant De Beers plus incertain que jamais

Le numéro un du diamant dans le monde a décidé de renoncer à la production de diamants synthétiques. Un changement de cap alors que l’avenir de De Beers au sein du groupe Anglo American est des plus incertains, ce dernier ayant annoncé le mois dernier vouloir se séparer de la société.

L’avenir de De Beers n’a sans doute jamais été si flou. Le changement de cap annoncé par le patron ces derniers jours illustre les difficultés de la société à se positionner sur le marché : à peine six ans après s’être investi dans la production de diamants synthétiques, le géant mondial se désengage du secteur.

Comme d’autres acteurs de la filière, De Beers a probablement été surpris par le succès des pierres produites en usines – aux États-Unis 50% des bagues de fiançailles sont désormais synthétiques – et surpris surtout par la dégringolade de leur prix : une pierre de synthèse de trois carats de haute qualité se vend 7 à 800 dollars, contre 30 à 40 000 dollars pour la version naturelle.

« De Beers a perdu une fortune »

Les prix du diamant synthétique sont devenus si dérisoires qu’ils couvrent désormais à peine les coûts de production, et plus problématique encore, ils ont entraîné dans leur sillage une forte baisse des prix du diamant brut et des pierres taillées depuis début 2023. Or, De Beers avait précisément choisi de produire du synthétique pour mieux valoriser ses pierres naturelles.

« Avec ses investissements dans le diamant artificiel, mais aussi dans d’autres activités périphériques, De Beers a perdu une fortune », analyse un expert de l’industrie du diamant. Et c’est sans doute ce qui a conduit à sa dépréciation au sein du groupe Anglo American, qui a baissé l’année dernière la valeur du géant mondial d’un milliard et demi de dollars, pour finir par décider de se séparer de la société, le mois dernier.

Qui pour reprendre De Beers ?

Reste à savoir si le géant du diamant intéressera un acheteur, ou si l’option choisie par Anglo American sera de se séparer de la société, via une cotation en Bourse. Le récent bras de fer avec le président botswanais a montré combien De Beers  était dépendant de la politique des pays où sont situées ses principales mines, à savoir le Botswana, l’Afrique du Sud et la Namibie. « Cette dépendance peut être un frein pour des investisseurs institutionnels hors d’Afrique », explique notre interlocuteur.

Dans cette période de turbulences, De Beers aurait tout à gagner selon certains à se recentrer sur ce que l’entreprise sait faire de mieux, « extraire des pierres précieuses et les vendre, sans chercher à faire de son nom un objet de marketing ».

Source du contenu: www.rfi.fr

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