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Chronique des matières premières – Le thé kényan doit faire mieux pour se vendre plus cher

Le Kenya veut vendre mieux et plus cher son thé. Mais le défi est immense, car la qualité du thé kényan laisse à désirer et a engendré de gros volumes d’invendus l’année dernière.

L’objectif du président kényan est ambitieux : William Ruto souhaite que d’ici à trois ans, 60% du thé exporté, le soit avec une valeur ajoutée, ce qui veut dire aussi un thé vendu plus cher et plus rémunérateur pour les agriculteurs. Un vrai défi. Car le thé produit par le plus grand exportateur au monde, est réputé bas de gamme.

Une multinationale qui se fournit dans le pays confirme : « depuis de nombreuses années, au Kenya comme ailleurs, le mot d’ordre a été de maximiser les rendements et d’augmenter les volumes produits, au détriment de la qualité ». Cette stratégie a créé de l’excès sur le marché et a fait fondre les prix, a reconnu William Ruto lui-même, lors du lancement de la Lipton Tea Academy le 22 février dernier.

« Personne ne connaît le thé kényan »

L’essentiel du thé kényan est aujourd’hui vendu à de grands groupes et commercialisé en sachet. On ne trouve pas ou très rarement de thé dont l’origine kényane est certifiée et mise en avant comme telle dans les pays où il est consommé. « Personne ne connait le thé kényan » résume un importateur français qui explique qu’une renommée, passe d’abord par la promotion du haut de gamme, avant d’ajouter « faire connaître une origine peut prendre des années ».

Le Kenya ne part cependant pas de zéro. Cette production de qualité existe, notamment dans la région de Kericho, à 2 000 mètres d’altitude, mais elle doit encore être encouragée pour augmenter en volume et se vendre plus cher : même si c’est en toute petite quantité au départ, « c’est à la portée du Kenya de vendre un thé à 20 ou 30 euros le kilo » estime l’expert.

40% d’invendus en 2023

La marque Lipton qui se fournit au Kenya vient d’ailleurs de lancer la Lipton Tea Academy, pour soutenir la filière, et remédier au surplus mis sur le marché, via des formations sur les techniques de récolte, les normes environnementales et la diversification des cultures. 

Mieux vendre le thé kényan implique un changement de stratégie : en 2023, selon le Tea Board of Kenya, 40% du thé proposé aux enchères de Mombasa est resté invendu – soit près de 240 000 tonnes. En cause, la mauvaise qualité, mais aussi l’instauration d’un prix plancher par les autorités en 2021, jugé en décalage avec la qualité du thé proposé. L’augmentation de la récolte 2023 en raison de conditions climatiques favorables est venue rajouter de l’excédent à une situation déjà difficile.

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Source du contenu: www.rfi.fr

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