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Craignant de disparaître des kiosques à la rentrée, « Siné Mensuel » appelle aux dons

Siné Mensuel sera-t-il en kiosque à la rentrée ? A la une du 141e numéro, qui sera en vente à partir du mercredi 5 juin, le titre satirique et impertinent affiche son soutien à légiférer autour de l’aide à mourir « dans la dignité », mais ne veut pas disparaître pour autant. « Du pognon, du fric, du blé, du pèze, du flouze : on a besoin de vous pour continuer », alerte, fidèle à sa liberté de ton habituelle la une du journal.

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Fondé par le dessinateur Siné, en 2008, après son licenciement de Charlie Hebdo, Siné Hebdo était devenu Siné Mensuel trois ans plus tard. Depuis sa mort, en 2016, le titre est dirigé par sa veuve, Catherine Weil Sinet. « Pour le moment, je suis bien vivante, mais le journal, lui, est dans le rouge, l’écarlate même », écrit la directrice âgée de 82 ans dans son éditorial. « On est à poil, on n’a plus d’oseille. Sans vos dons pour continuer, on passera tout juste l’été. »

C’est loin d’être la première fois que Siné Mensuel fait appel à ses lecteurs pour le sauver de l’abîme financier. A cinq reprises – en 2013, 2014, 2015, 2019 et 2022 –, le journal avait déjà traversé des crises et demandé de l’aide à ses soutiens.

« Siné Mensuel ne vit que de ses ventes et de ses dons, nous n’avons pas de publicité », explique Catherine Weil Sinet, qui revendique 10 000 numéros, vendus 6,50 euros, chaque mois, dont « plus des deux tiers en kiosque ». Cette dernière estime qu’il faudrait atteindre 13 000 ventes mensuelles pour que le journal de cinq salariés et 60 collaborateurs (dont les humoristes Isabelle Alonso, Christophe Alévêque, François Morel, Guillaume Meurice ainsi que la petite quarantaine de dessinateurs) parvienne à l’équilibre.

« Une espèce en voie de disparition »

Si la pagination a été réduite de 32 à 24 pages, depuis le mois de mars, pour faire des économies, le titre accuse 18 000 euros de déficit chaque mois depuis novembre 2023, selon sa patronne. L’inflation des coûts de production (avec la hausse du prix du papier, de l’énergie, du loyer…) et de diffusion (routage) grèvent notamment les comptes. Un problème technique a affecté le site web et causé la perte d’au moins 800 abonnés. « On a encore de quoi faire le numéro d’été en juillet et celui de la rentrée, mais pas davantage », assure Mme Weil Sinet, espérant réunir « autant que lors des précédents appels à dons, soit 180 000 à 220 000 euros ».

Et si cela ne fonctionnait pas ? « Cela serait un mauvais signal pour l’indépendance de la presse écrite. On devient quasiment une espèce en voie de disparition. La liberté d’expression doit être défendue bec et ongles », défend Mme Weil Sinet, convaincue que « le dessin doit être un coup de poing qui doit faire réfléchir tout en faisant rire ».

Source du contenu: www.lemonde.fr

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