AccueilÉconomieLa scission de Sodexo, une bonne affaire pour la famille Bellon

La scission de Sodexo, une bonne affaire pour la famille Bellon

C’est meilleur quand on partage. Cet axiome incontournable des goûters d’enfants convient aussi en Bourse. Après près de cinquante ans de vie commune, Sodexo s’est séparée, jeudi 1er février, de Pluxee, son ancienne filiale consacrée aux titres-restaurant et autres chèques-cadeaux. Celle-ci a fait son entrée en Bourse par le biais d’une scission.

Contrairement à une introduction en Bourse classique, où les investisseurs sont sollicités pour acheter des titres, les propriétaires de cette nouvelle société cotée étaient tout trouvés, chaque actionnaire du géant de la restauration collective devenant détenteur d’une action Pluxee et d’une action Sodexo. L’objectif est que la somme des deux vaille plus que le cours initial. Jeudi, l’action Pluxee a ouvert en hausse de 10 % par rapport à son cours théorique.

Evidemment, tout le monde a en tête le formidable parcours d’Edenred, le grand concurrent. En juillet 2010, le « leader mondial de l’argent fléché » avait fait ses premiers pas sur Euronext Paris dans des circonstances équivalentes. Promu au CAC 40 en juin 2023, l’ancien Accor Services pèse quelque 14 milliards d’euros en Bourse, soit quasi 50 % de plus que le groupe hôtelier. Edenred a d’ailleurs salué, à sa façon, l’émancipation de son rival, en lançant le 22 janvier, sa première campagne de publicité grand public, afin d’« accroître sa notoriété ».

« Effacer la décote de conglomérat »

« La scission vise à effacer la décote de conglomérat qui pénalisait Sodexo. En séparant les métiers, vous permettez à chaque équipe de direction de mieux se concentrer sur ses objectifs », explique Julien Richer, analyste financier chez Kepler Cheuvreux. Avec ses 430 000 collaborateurs, le Sodexo recentré a réalisé sur l’exercice clos au 31 août 2023 un chiffre d’affaires de 22,6 milliards d’euros pour 659 millions de profits : c’est vingt fois plus que Pluxee (5 200 salariés) en matière de chiffre d’affaires, mais 2,6 fois seulement en termes de bénéfice net estimé.

« Nous avons mené une analyse stratégique approfondie, il y a deux ans. Les dix années précédentes, notre filiale d’avantages aux salariés avait connu une croissance moins dynamique que celle de son principal concurrent. Lui donner son indépendance nous est apparu comme le meilleur moyen pour l’aider à accélérer. Sachant que les synergies entre les services sur site et les titres-restaurant étaient finalement limitées », souligne Sophie Bellon, la fille du fondateur, Pierre Bellon (1930-2022), qui a pris, en octobre 2021, la direction générale de Sodexo, dont elle était déjà la présidente.

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Source du contenu: www.lemonde.fr

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