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Pour ou contre les SUV à Paris ? Six questions pour tout comprendre à «la votation citoyenne»

Les Parisiens sont invités à se prononcer ce dimanche sur la création d’un «tarif de stationnement des SUV». Le prix pourrait être triplé pour les véhicules concernés.

Plus de sept mois après le retrait de 15.000 trottinettes électriques, la Mairie de Paris repart à l’assaut des transports jugés gênants pour les habitants de la capitale. Elle lance ce dimanche 4 février une votation citoyenne proposant le triplement des tarifs de stationnement pour les voitures hautes et lourdes dites SUV. Le Figaro vous explique tous les enjeux de la consultation en six questions.

À quoi corresponds la mesure proposée ?

«Pour ou contre la création d’un tarif spécifique pour le stationnement des voitures individuelles lourdes, encombrantes, polluantes ?» Voilà la question à laquelle les Parisiens vont devoir répondre dimanche. Si le «pour» l’emporte, le visiteur dont le véhicule thermique ou hybride rechargeable dépasse 1,6 tonne, ou deux tonnes pour un véhicule électrique, verra le tarif horaire passer de 6 euros à 18 euros l’heure pour les arrondissements centraux (Ier au XIème arrondissement), et de 4 à 12 euros pour les arrondissements extérieurs (du XIIème au XXème).

En revanche, les locaux ne seraient pas concernés par cette augmentation : les élus à la tête de la Ville de Paris ont annoncé faire une exception pour ses résidents. Seuls les visiteurs de banlieue, ou du reste de la France, seront concernés. Ne seront également pas touchés par l’éventuelle augmentation : «les résidents parisiens et les professionnels sédentaires stationnés dans leur zone de stationnement autorisé, les chauffeurs de taxi dans les stations dédiées, les artisans, professionnels de santé et éligibles au tarif pro, ainsi que les PMR et titulaires d’une carte mobilité Inclusion – stationnement».

Quels sont les arguments avancés par la Mairie ?

Anne Hidalgo souhaite améliorer la
LUDOVIC MARIN / AFP

«Plus c’est gros, plus ça pollue», justifiait début décembre Anne Hidalgo, l’édile PS, avançant aussi un argument de «sécurité routière» : les accidents impliquant un SUV étant «deux fois plus mortel pour les piétons qu’avec une voiture standard», selon elle. La maire avait aussi mis en avant un «meilleur partage de l’espace public», les grosses voitures étant pointées du doigt comme prenant plus de place sur la chaussée alors que les voitures auraient gagné en moyenne environ 250 kg depuis 1990.

L’ONG WWF qualifie les SUV d’«aberration» face au réchauffement climatique : ceux-ci sont «200 kilos plus lourds, 25 cm plus longs, 10 cm plus larges» qu’une voiture standard. En outre, ils nécessitent davantage de matériaux pour leur fabrication, consomment 15% de carburant et émettent 20% de CO2 en plus qu’une berline. David Belliard (EELV), adjoint aux mobilités, avait estimé une recette supplémentaire autour de 35 millions d’euros en cas de taxation.

Quels sont les arguments avancés par les opposants ?

Les associations d’automobilistes ont fustigé l’initiative depuis de longs mois. «Plus ou moins de SUV, la question est terriblement ’amateur’» car le sigle est une «appellation marketing» qui «ne veut rien dire», a réagi Yves Carra, porte-parole du Mobilité Club France. Selon lui, «les SUV compacts n’entreront pas dans la taxation», contrairement aux berlines familiales et aux breaks. Pour l’opposition de droite, la votation parisienne «démontre l’étendue de la manipulation de la Ville, qui cible les SUV dans sa communication alors qu’en réalité, tout type de véhicule est susceptible d’être concerné par les normes soumises au vote».

Quant à l’accusation de pollution, «un SUV moderne neuf» ne «pollue pas plus, voire moins, qu’un petit véhicule diesel d’avant 2011», souligne l’association 40 millions d’automobilistes. «S’il était réellement question de limiter la pollution, une distinction serait faite entre véhicules thermiques et véhicules hybrides ou électriques, acquiesce la députée MoDem Maud Gatel à l’AFP. Les SUV ’’résidents’’ à Paris, non concernés par la mesure, représentent 26,6% du parc selon l’agence AAA Data».

Quels sont les véhicules concernés ?

Les voitures dites SUV (Sport Utility Vehicle), aux caractéristiques combinant «celles d’une voiture de tourisme avec celles d’un véhicule utilitaire», et les 4×4, seront ciblés. Il est pourtant difficile de caractériser les véhicules qui seront taxés puisqu’il n’existe pas de classification SUV parmi les catégories de carrosserie telles que définies par la Commission européenne. On recense toutefois neuf catégories en Europe dans lesquelles les constructeurs automobiles y ajoutent des sous-catégories : urbains, compacts, familiaux, etc.

Ils sont devenus les véhicules les plus vendus à l’échelle européenne, avec la moitié des ventes de voitures en 2023.

Qui peut voter ?

Seuls les habitants de la capitale inscrits sur les listes électorales auront leur mot à dire. «S’agissant des ressortissants communautaires, seuls ceux inscrits sur la liste complémentaire pour les élections municipales pourront participer à cette votation», précise la Mairie. Il n’est toutefois pas possible de recourir à une procuration «en raison du statut municipal de la votation».

Où peut-on voter ?

La votation est ouverte dans «tous les arrondissements de la capitale», assure la Mairie sur son site internet, de 9h à 19h. 38 lieux de vote seront ouverts au 1,3 million d’électeurs. «Le vote sera exclusivement physique et se déroulera entre 9 h et 19 h», poursuit-elle.

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Source du contenu: www.lefigaro.fr

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