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Qu’est-ce que le plan Ecophyto mis «en pause» par le gouvernement pour calmer la colère des agriculteurs ?

Depuis l’annonce du premier plan en 2008, la FNSEA, le syndicat agricole majoritaire, freine des quatre fers.
marritch / stock.adobe.com

Le ministre de l’agriculture Marc Fesneau a annoncé ce jeudi lors d’une conférence de presse la mise à l’arrêt du plan visant à réduire l’usage des pesticides en France.

«En Pause». Pour apaiser la colère des agriculteurs, le gouvernement a fait de nouvelles annonces ce jeudi. Parmi elles, la mise entre parenthèses du plan Ecophyto «le temps d’en retravailler un certain nombre d’aspects, de le simplifier» a précisé le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau. De quoi s’agit-il ? Explications.

Réduire les produits phytosanitaires

Lancé après le Grenelle de l’environnement en 2008, le premier plan Ecophyto avait un objectif clair : réduire de 50 % l’utilisation des produits phytopharmaceutiques, ou pesticides, dans un délai de 10 ans. «Si possible», ajoutait le ministère de la Transition écologique et solidaire. Pour arriver à ses fins, l’État a mis en place des actions en s’appuyant notamment sur la recherche et l’innovation pour trouver des méthodes alternatives à l’usage de pesticides comme le désherbage mécanique.

«Au cours des cinq premières années de son application, la consommation de ces produits a augmenté», notaient les auteurs d’une étude publiée en 2017 dans les Cahiers agricultures jugeant cette première version du plan comme «un échec». Voyant que les objectifs fixés à horizon 2018 seraient difficilement atteignables, l’État a alors reporté les échéances à 2025. En février 2023, la première ministre Élisabeth Borne annonçait un nouveau report et le lancement d’une consultation pour établir un plan Ecophyto 2030.

Pour maintenir la compétitivité des agriculteurs français, ce plan visait à proposer des solutions alternatives à 75 molécules – représentant 79% des volumes vendus en France en 2022 – les plus exposées à un risque de retrait du marché dans les 5 prochaines années.

Un plan remit en cause par certains agriculteurs

Depuis l’annonce du premier plan en 2008, la FNSEA, le syndicat agricole majoritaire, freine des quatre fers. «C’est une approche punitive et stigmatisante», déclarait en 2018 Christiane Lambert, alors présidente de la puissante organisation. Les solutions n’étaient pas disponibles, [la météo] ne nous a pas aidé et l’approche est élitiste». La dernière mouture du plan présentée par Elisabeth Borne avait d’ailleurs été rejetée d’emblée par les producteurs de grandes cultures (céréales, graines à huile, sucre, betteraves).

Dès le début de la mobilisation des agriculteurs, la FNSEA a placé le rejet du plan Ecophyto parmi les «mesures d’urgence» de ses revendications. Une demande dénoncée par plusieurs associations écologistes. L’ONG Génération future revendique notamment «un consensus scientifique sur la nécessité de réduire notre dépendance aux intrants chimiques» citant des études du Comité national de la biodiversité (CNB) et du Comité national de l’eau (CNE) ayant rendu des avis «clairs sur l’importance de suivre cette trajectoire de réduction des pesticides».

Face à l’annonce du gouvernement, les écologistes ont vivement réagi. «Le gouvernement peut décider de ne plus protéger l’eau, la terre, la biodiversité et même notre santé. Mais avec ça nos agriculteurs ne gagneront pas plus», a réagi sur X, la patronne des Écologistes Marine Tondelier.


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